De la grève générale à la communisation généralisée - Calvaire

mercredi, 9 février 2005

’’On arrête tout et on communise’’ pourrait être une affirmation communisatrice. Mais que voudrait dire On arrête tout et on communise ? L’arrêt serait de faire la grève contre tout ce qui nous détermine (identités et matérialisation de la condition d’hommes, de femmes, de travailleurs et de travailleuses, d’étudiants et d’étudiantes, de nos conditions nationales, raciales, sexuelles...). Ne plus être que des ’’singularités quelconques’’, des sans identités, des sans propriétés et des sans papiers, des singularités sans prédicats sociaux, des formes de vie qui se font et se défont, des affirmations communes-subjectives, des êtres qui ne travaillent pas mais qui vivent et par conséquent font des choses. Des lieux et rencontres d’affects, de circulation d’affects et des expressions de la vie entièrement communisée sans médiations (sans États, sans partis, sans corporations, sans entreprises, sans groupuscules...). Nous ne serions que sans propriétaires, sans patrons et sans propriétés.

Cet On arrête tout et on communise s’exprimerait par des grèves générales, des sabotages systématiques de la reproduction sociale (arrêt du travail, arrêt des études, fin des familles et des couples, fin de la déclinaison des identités nationales, raciales, sexuelles... fin des genres...). Nous ne ferions plus des grèves pour gérer mieux et plus justement le Capital, les États ainsi que les autres institutions sociales mais nous revendiquerions plus rien, nous éclaterions de rire aux appels des réformes et nous les refuserions. Nous n’écouterions plus personne qui se médiatise dans des rôles (plus de patrons, de professeurs, de maris et d’épouses, plus de polices...). Ces mouvements de rupture cesseraient de vouloir réintégrer la mécanique reproductrice du système des dominations. Ils seraient sans fin avec la multiplicité créatrice des sens, des formes de vie et des finalités. Nous ferions marcher les lieux de production tout en détruisant les inutiles et destructeurs (nous n’autogérerons jamais les usines nucléaires par exemple mais viseront plutôt à leur éradication), mais seulement pour nos besoins essentiels et nos désirs créateurs mais jamais pour accumuler et faire fructifier un capital quelconque, pas pour échanger non plus sur la base de la valeur (ni marchés, ni trocs...), toute valeur sera abolie par le processus de communisation. Des singularités sans marchandises et sans valeurs...

Du côté de l’écologie, nous laisserions la vie se libérer de sa marchandisation et de sa détermination rationaliste et utilitaire. Nous détruirions ces logiques de domination qui s’exercent contre tout y compris contre nous. Nous réapprendrions à vivre communistement avec l’ensemble du vivant, comme partie dynamique de cette affirmation plurielle qu’est la vie.

’’La question communiste porte sur l’élaboration de notre rapport au monde, aux êtres, à nous-mêmes. Elle porte sur l’élaboration du jeu entre les différents mondes, de la communication entre eux. Non sur l’unification de l’espace planétaire, mais sur l’instauration du sensible, c’est-à-dire de la pluralité des mondes.’’

Ces possibles même conditionnels ne sont pas hypothétiques. Ils nous engagent déjà dans des voies inattendues, inouïes, parcourues d’intensités, de fulgurances et d’aventures. Ils indiquent à partir de quelles bases nous nous livrons à la guerre civile et révolutionnaire qui ne peut que se généraliser dans tous les espaces et dans tous les temps.

’’Rien de ce qui s’exprime dans la distribution connue des identités politiques n’est à même de mener au-delà du désastre. Aussi bien, nous commençons par nous en dégager. Nous ne contestons rien, nous ne revendiquons rien. Nous nous constituons en force, en force matérielle, en force matérielle autonome au sein de la guerre civile mondiale.’’

’’S’organiser veut dire : partir de la situation, et non la récuser. Prendre parti en son sein. Y tisser les solidarités nécessaires, matérielles, affectives, politiques.’’

Nous nous organisons par ’’une constellation expansive de squats, de fermes autogérées, d’habitations collectives, de rassemblements fine a se stesso, de radios, de techniques et d’idées. L’ensemble relié par une intense circulation des corps, et des affects entre les corps.’’ Entre autres...

Comme disent certainEs, nous avons déjà commencéEs.

’’La prochaine révolution sera communisation de la société, c’est-à-dire sa destruction, sans "période de transition" ni "dictature du prolétariat", destruction des classes et du salariat, de toute forme d’État ou de totalité subsumant les individus...’’ Communisation - Christian Charrier

La prochaine révolution sera cela et bien d’autres choses (mais qui ne seront plus des ’’choses’’). Mais elle ne partira pas de nulle part. Ainsi donc la communisation comme révolution sera le processus généralisé, mais en attendant, nous construisons les fondements de cette communisation, nous livrons la guerre révolutionnaire (que nous pourrions appeler aussi ’’grève humaine’’) qui ne trouvera son aboutissement que dans la révolution comme communisation généralisée. Et encore là, ce ne sera qu’un début : le début d’une véritable nouvelle histoire comme le pensait Marx, une histoire commune créatrice...

’’Hasta la communisacion siempre !’’

Commentaires :

  • > De la grève générale à la communisation généralisée, goldfax, 2 mars 2005

    Programme ou vision prophétique ?
    Bon ! Je me présente brièvement. Je suis tout nouveau sur le site, mais je le fréquente régulièrement, lisant des textes, qui me paraissent toujours aussi intéressants et instructifs. Politiquement, j’ai fréquenté trotskystes et maoïstes et ai finalement fini par sympathiser avec le "milieu" ultra-gauche.
    Là, le texte de Calvaire est très clair et pourrait, me semble-t-il, servir de programme, ou de manifeste. Pas dans un sens péjoratif, mais dans le sens où les grandes lignes des ambitions communisatrices sont mises en évidence.
    D’un autre côté, j’ai ressenti une note très idéaliste dans ce texte, qui certes peut passionner les foules en manque de créativité. Mais, l’expérience des luttes communes ne nous dira-t-elle pas ce que le monde de demain sera ?
    D’ailleurs, ces luttes, est-ce que ce seront des luttes globales de prolétaires ou bien des luttes isolées de squats (auxquels tu fais référence) contre les forces de l’ordre (je caricature un peu, mais l’idée est là) ? Dans le premier cas, une question s’ajoute : quelles sont les conditions pour que tous les travailleurs s’unissent ensemble contre la classe dominante et la vainquent ? Dans le second cas, les squats ne risquent-ils pas d’être rapidement réprimés ? Puis, peuvent-t-ils vraiment compter sur la solidarité des prolétaires ?

    Au cas où ces luttes sont celles des prolétaires unis, que dire de plus que : l’union fait la force, sans vouloir plagier la devise belge. Mais qu’est-ce qui leur permettrait de s’unir dans un combat révolutionnaire contre l’ordre capitaliste mondial ? Certes, les conditions de vie permettraient une certaine prise de conscience, mais sera-t-elle suffisante ? De plus, nous ne pouvons pas le cacher, les prolétaires se laissent facilement séduire par les discours démagogiques de gauche comme de droite (extrêmes incluses). En parallèle, la paupérisation et le chômage quasi généralisé poussent les gens à accepter n’importe quelle condition d’existence et de travail. Plus on les saigne, plus ils se soumettent. Mon expérience en usine peut servir d’illustration. Je ne saurais dire combien de fois j’ai discuté avec des personnes résignées à vivre au jour le jour, sans oser se rebeller pour ne pas perdre les moindres miettes que les patrons donnent à contre-coeur, avec une sorte de dégoût, comme si cela les arrangerait mieux de ne pas nous payer...
    Jusqu’où la paupérisation ira-t-elle avant que les classes populaires lèvent la tête et combattent enfin leurs véritables ennemis ?

    En rapport avec mon allusion sur les squats, les réponses sont presque indiquées dans les questions. Personnellement, je ne crois pas que la solution des squats soit la meilleure des tactiques. D’une part, il est plus facile, pour la police, de réprimer des squats que la masse ouvrière. D’autre part, le squat tend à ghettoïser les individus qui le forment par rapport au reste de la population. Même, le squat tend à marginaliser ces personnes qui s’excluent d’eux-mêmes de la société. D’une part par le regard que porte sur eux la société. D’autre part, par le regard que souhaite donner l’ordre établi aux masses prolétaires.

    Alors, que faire ?
    1) animer des discussions au sein du prolétariat
    2) diffuser nos idées sur le monde tel qu’il est
    2 bis) diffuser nos ambitions communistes ou communisatrices
    3) faire le lien entre les discussions et nos ambitions
    En ce qui me concerne, sur mon lieu de travail, j’essaie autant que possible d’amener les ouvriers à réfléchir sur leurs conditions matérielles de vie et de travail. Cette tâche est la moins facile, car on est toujours plus ou moins surveillé par les patrons, petits chefs et autres mouchards. Cependant, lorsqu’on réussit à animer une discussion, aussi courte soit-elle, on peut glisser quelques arguments politiques, quelques idées... C’est le stade où je suis arrivé actuellement...
    A partir du 2 bis), il vaut mieux éviter de le faire sur le lieu de travail. Surtout quand l’entreprise est farouchement opposée à toute forme d’expression politique ! Mais, "pratiquer" ces deux derniers stades implique aussi qu’on est en relation de confiance avec les collègues et qu’il est possible d’exposer une certaine forme de propagande en toute sécurité.
    Certains me reprocheront de vouloir faire une activité propagandiste. Or, où se trouvent les limites de la paupérisation, les limites qui permettent d’établir si les prolétaires n’ont plus que la solution révolutionnaire. Or, les prolétaires sont-ils intuitivement révolutionnaires ? Je ne le crois pas pour deux raisons. La première est que les prolétaires sont baignés dans une atmosphère idéologique qui les détourne de la réalité. La deuxième : s’ils sont amenés à se révolter contre le système, ils seront simplement tentés par le réformisme, par l’aménagement du système à leur profit. Mais pour combien de temps ?...
    Je conclurais ainsi, que nos tâches immédiates en tant que révolutionnaires sont : diffuser nos idées et nos ambitions, combattre nos ennemis (les capitalistes et les réformistes, quoique ces derniers fassent partie des premiers...).


    • > De la grève générale à la communisation généralisée, Calvaire, 3 mars 2005

      Dans certains autres des textes parus sur ce site, j’ai justement pointé les limites de l’Autonomie et du mouvement squat plus particulièrement... La dynamique communisatrice doit forcément s’élargir et effectivement devenir une question plus large pour les milieux les plus favorables à l’organisation du mouvement révolutionnaire. Je suis d’accord essentiellement là-dessus. Alors je pense que les principales questions ne sont pas là mais plus sur le comment plus général. Comment faire, comment vivre, comment lutter, comment se penser comme mouvement et penser le mouvement ?

      Je pense que ton texte amène ces questions aussi et que c’est la force principale de Meeting et de la communisation en général que de poser ces questions et de penser la divergence dialogique comme constitutive.


      • > De la grève générale à la communisation généralisée (leçon n° ?), Un comtemporain, 12 avril 2005

        L’Autonomie est aussi devenu un poncif de tous les programmes d’encadrement officiels. Vous n’êtes pas les seuls à piller l’adversaire. Si vous étiez un peu plus sorti de vos squatts et de vos petits cénacles, vous le sauriez et vous vous étonneriez moins de l’agacement que déclenche votre première exposition publique à la faveur d’Internet. Vous pensiez être attendu comment ? Les sifflets vous gènent ? Je n’aurais pas fait boire la ciguë à Socrate mais le métier de philosophe n’est pas sans risque, surtout quand on prétend encore aussi naïvement vouloir changer le cours des choses par son activité consciente et volontaire, armés de mythes aussi désuets et d’une telle méconnaissance de la société humaine.


        • > De la grève générale à la communisation généralisée (leçon n° ?), , 15 avril 2005

          II y a de plus en plus de message d’insultes sur ce site. Sans arguments, ils ne font que sermonner. Pauvres curés !


          • > De la grève générale à la communisation généralisée (leçon n° ?), Le naturaliste de passage, 20 avril 2005

            Désolé, je n’ai tenu le compte des insultes échangées sur un site que je visite depuis peu et épisodiquement. Son nom nous promet quand même plus une tribune qu’un laboratoire d’idées et qui se plaindra de l’ouverture d’un tel espace en ces temps froidement policés ? La violence et la rigueur ne sont pas incompatibles, l’urgence et la réflexion non plus. Que parfois on dépasse les bornes dans l’échauffement des esprits, je le reconnais, moi-même m’étant laissé aller à une réflexion lapidaire et inutilement blessante dans l’exaspération où m’avait laissé la lecture d’un texte par trop conceptuel (OK Calvaire, j’argumenterai).

            Que le Contemporain fasse les frais d’un rappel à l’ordre que j’encourrais m’étonne en revanche et me chagrine. Dans son message, une vindicte qui frôle l’invective d’accord, mais des insultes ? Difficile de nier ses arguments (meilleur que les miens). Le concept d’Autonomie est mis à toutes les sauces. Une critique pertinente. Un nouveau poncif de la doxa sociale. Sûrement entendu dans un autre sens que vous mais quand même... Apparu ou pour le moins mis en avant depuis que qu’un mouvement révolutionnaire qui s’en revendiquait a fait un peu parler d’elle. - Il faudrait que je me documente, vérifie avant de m’avancer plus - mais voilà qui devraient quand même inquiéter ceux qui se réclament de ce principe et en font, si j’ose me permettre, un pivot de leur pensée et le de leurs pratiques. Aussi j’attendais autre chose. Son accusation de méconnaissance de la société humaine n’est pas étayée, et je n’y souscrirais pas sans plus ample vérification, sans parler des reproches contre vos pratiques, mais le profane que je suis, malgré toute la sympathie que peuvent m’inspirer certaines de vos thèses, se demande en effet parfois de quoi vous parlez. C’est beau, les théories s’enchaînent bien, on se laisse emporté mais où ? La société dans tout ça ?

            La seule analyse que j’ai trouvée pour l’instant d’une situation sociale un peu concrète et complète (en dehors d’expériences revendiquées mais qui manquent un peu de détails) est cet article sur un bien lointain pays : Argentine : Une lutte de classe contre l’autonomie (http://meeting.senonevero.net/artic... ?id_article=31). Deux choses m’inquiètent : Patin un médecin du siècle de Louis XIV dit d’un de ses collègues qu’il serait "un animal fort menteur et qui ment comme un moine qui se dit venir de Japon" (cité in Grmek Mirko D., La première révolution biologique, Payot, 1990, p. 309) et aujourd’hui le progrès n’a pas encore abolies toutes les distances géographiques. Pourquoi l’Argentine ? Qu’en pense les Argentins ? La revue promet d’être internationale et j’espère lire d’autres réactions que les éloges d’un animateur, et des demandes de précisions sur des points de doctrine qui m’effraient encore plus. L’unité, aïe ! Pour quelqu’un comme moi si attaché à l’observation de l’immense variété d’organisation des êtres vivants et de leur mode de vie, c’est assez choquant, même si on semble parler de toute autre chose. Mais c’est encore au nom de ce foutu principe d’Autonomie qu’on juge les luttes des antipodes ! Bigre !

            Le message incriminé est un peu court pour se faire taxer de sermon et si quelqu’un mériterait le surnom de curé, ne ce crains tu pas plutôt toi que ce soit toi, Calvaire, avec tout le respect que je te dois ? On arrête tout ? D’accord mais comment ? Idéalisme. La harangue est un genre dangereux. Tu dis : "Du côté de l’écologie, nous laisserions la vie se libérer de sa marchandisation et de sa détermination rationaliste et utilitaire. Nous détruirions ces logiques de domination qui s’exercent contre tout y compris contre nous. Nous réapprendrions à vivre communistement avec l’ensemble du vivant, comme partie dynamique de cette affirmation plurielle qu’est la vie." Bien beau programme, mais un peu expéditif. Nous sommes inclus dans la nature et nous en tirons notre subsistance. Aujourd’hui on court sinon à la catastrophe en tout cas vers de sérieux déboires. Des questions urgentes et désagréables vont se poser. Comment abolir toute détermination utilitaire ? Un nouvel âge d’or ? Excuse moi je ne te suis pas mais je suis en effet prêt à discuter avec toi.

            A+

            Un naturaliste de passage.


            • > De la grève générale à la communisation généralisée (leçon n° ?) (bonne version de la réponse présente), Calvaire, 22 avril 2005

              Voilà une réponse mieux argumentée qui donne à réfléchir, merci naturaliste.

              "La société dans tout ça ?"

              Considérant que cette société est l’ensemble des institutions sociales constiuées et de la culture instituée, toute forme sociale hétéronome qui font le tout qu’est la Société que nous n’avons aucunement fondé mais qui nous détermine, la Société se sont les médiations et comme le dit C. C. : La prochaine révolution sera communisation de la société, c’est-à-dire sa destruction, sans "période de transition" ni "dictature du prolétariat", destruction des classes et du salariat, de toute forme d’État ou de totalité subsumant les individus...’’ Communisation - Christian Charrier

              "Du côté de l’écologie, nous laisserions la vie se libérer de sa marchandisation et de sa détermination rationaliste et utilitaire. Nous détruirions ces logiques de domination qui s’exercent contre tout y compris contre nous. Nous réapprendrions à vivre communistement avec l’ensemble du vivant, comme partie dynamique de cette affirmation plurielle qu’est la vie."

              Cette thèse amène la question du communisme du vivant au-delà de celle des individus, certaines communautés primitives et certaines tribus autochtones vivaient selon un ordre naturel qui faisait s’imbriquer tout le vivant dans un tout interdépendant qui laissait peu, voire pas du tout, de place à la domination du vivant, dont l’exploitation du vivant dans des buts d’accumulation, de maximisation des profits, d’industrialisation, de domination technoscientifique, d’économie politique, de toutes ces médiations destructrices de notre environnement naturel, nature vivante. La critique communiste en actes pour moi passe par l’abolition de ces médiations également ainsi que par l’abolition de la totalité naturelle mystique dans laquelle étaient enfermées ces communautés et tribus. On pourrait dire que je suis assez proche de Camatte là-dessus ainsi que de Bataille pour la critique radicale de toute économie politique d’ensemble, ensembliste.


  • dES exemples de communisation ? quand & comment ?, , 25 mars 2005

    Bonjour,
    S’il ne s’agit pas de proner l’autogestion dans le vieux monde.
    Il y a t-il une bonne âme qui puisse me donner des exemples de communisation ici et maintenant ?
    Avant le grand soir, la parousie marxienne ou le enieme appel à la grève expropriatrice du lycée autogéré de Paris.
    Donc :
    Nous éviterons les réponses du genre "librairies autogérés à la croix rousse" ou de la "fabrication de fromages
    dans le quartier de la butte aux cailles."
    Mais aussi les réponses évasives du genre : La taupe qui creuse, le mouvement communiste et sa dialectique ascendante.

    Quand, comment et ou ?

    Merci

    Un camarade/compagnon (Selon les jours)


    • > dES exemples de communisation ? quand & comment ?, Calvaire, 26 mars 2005

      Ceci est un début de réponse, mais il n’y a pas de programme pour la révolution. La question des puissances, de
      l’organisation, des stratégies de la communisation sont à voir, à venir, à penser...

      ’’S’organiser veut dire : partir de la situation, et non la récuser. Prendre parti en son sein. Y tisser les solidarités nécessaires, matérielles, affectives, politiques.’’

      Nous nous organisons par ’’une constellation expansive de squats, de fermes autogérées, d’habitations collectives, de rassemblements fine a se stesso, de radios, de techniques et d’idées. L’ensemble relié par une intense circulation des corps, et des affects entre les corps.’’ Entre autres...


      • > dES exemples de communisation ? quand & comment ?, , 5 avril 2005

        La mise en commun n’est pas la communisation, c’est-à-dire la destruction de la valeur. Partir de la situation n’est pas communiser. Maintenant de quelle situation parlez-vous sur le plan économique ? Comment faire pour acheter une maison ? Braquer ? Hériter ? Qui hérite dans ce monde ?


    • > dES exemples de communisation ? quand & comment ?, Calvaire, 27 mars 2005

      L’Appel (disponible sur ce site) est très instructif aussi à ce sujet.

      Quant à l’autogestion, elle ne dit rien en elle-même comme les conseils ouvriers car celle-ci comme ceux-ci peuvent être aussi bien des lieux d’expérimentation de la communisation ou qu’une simple pratique de l’autogestion du travail, du Capital qui s’imbrique très bien dans le marché, dans un parallèlisme organisationnel très intégré au capitalisme (comme la coop, le café autogéré, la fabrique artisanale, etc.). De plus, l’autogestion est un mode de gestion autonome et s’il n’est pas pensé dans une dynamique de communisation qui le dépasse, il n’est qu’un mode de gestion alternatif cadrant très bien dans l’alternativisme plus souvent encadré, enserré, dans le processus de restructuration du capitalisme, lui offrant de nouveaux marchés, de nouvelles façons de produire, etc. L’autogestion fut entre autres réalisée dans plusieurs secteurs dans des époques contre-révolutionnaires comme dans la Yougoslavie de Tito.


      • > dES exemples de communisation ? quand & comment ?, , 12 avril 2005

        L’Appel pourrait être encore plus explicite sur la question de l’héritage. Et donner ce texte comme parangon de pragmatisme ! Pourquoi ne pas voir dans ce fatras de prophéties et de chicaneries doctrinaires un manuel pratique de guerilla tant qu’on y est ! Il y a dédidément une carence flagrante de concret anthropologique et physique chez les tenants de la communisation qui confine au refus du monde. Se lamenter sur son sort tout en idéalisant des expériences dont eux-même seraient bien en peine de donner l’exemple, se conforter d’avoir raison encore, cette fois, la dernière, est-ce là ce qui nous reste des communistes ? La foi supplée à l’ignorance, l’érudition au courage. Au moins sont-ils innoffensifs, dans un certains sens. Leur ambition dépasse leurs moyens et leur parti imaginaire court à un naufrage mérité. Le seul et vrai tort de ces scholiastes est peut-être d’occuper un peu trop les esprits de certains de leur contemporains avec des questions oiseuses.


    • > dES exemples de communisation ? quand & comment ?, Patlotch, 1er avril 2005

      Je ne suis pas « la bonne âme attendue » pour donner « des exemples de communisation... » « Quand, comment et où ? », c’est la question qui tue, ou, du moins, qui appelle une réponse en commençant par détourner le concept de "communisation"... C’est la question que posent systématiquement les militants qui n’ont pas commencé par faire l’effort de comprendre de quoi il s’agit, parce qu’ils on besoin de s’agiter avant de s’en servir... Bon, désolé pour le ton, mais ça m’énerve... Je ne me suis pas fait avoir pendant 35 ans d’engagement communiste à chercher à comprendre ce qui n’avait pas marché, entre théorie et pratique héritées de Marx, pour, tombant sur un corpus d’idées qui commence à rendre compte sérieusement du passé et du présent, assister aux sempiternels 1) incompréhensions, déformations, sarcasmes et autres délires parlant d’autre chose 2) entendre les litanies des "praticiens" qui vous mettent au pied du mur : "et la pratique !..." Désolé de leur dire que le problème, c’est leur question, pas la réponse qu’ils attendent.

      Pour le dire clairement, je ne vois pas vraiment ici de sérieux rapports de sérieux entre les interventions de Calvaire et les développements de Roland Simon et quelques autres. Il jette sur tout ça une confusion et j’essaye de comprendre pourquoi on ne lui répond pas un tant soit peu clairement, mais peut-être cela évite-t-il de longs bavardages tournant en rond... Il me semble que si les discussions ont un intérêt dans le cadre présent, c’est en partant de ce qui a été posé, quitte à le critiquer, mais en l’ayant saisi.

      Bref, perso, j’ai cru comprendre que la communisation, c’est le mouvement concret de dépassement, de débordement des limites du cycle de luttes actuelles du démocratisme radical, sur la base des luttes revendicatrices et au-delà de leur carcan dans le système : dépassement produit, inéluctable mais non prévisible ni programmable, et en tous cas non engagé et non engageable dans les circonstances actuelles (le poids de l’idéologie de l’alternative et sa ’structuration’ politique accélérée sous nos yeux, y compris avec l’étape du référundum en France...) La question du "compagnon" (selon les jours) me semble donc confondre le caractère d’immédiateté du processus révolutionnaire concret (communisation = mesures de passage au communisme caractérisant la révolution) et possibilité immédiate de les engager (immédiatisme ou objectivisme gauchiste par transcroissance des luttes actuelles, débats que l’on trouve au fil des numéros en ligne de Théorie communiste, les articles de référence ici, les livres de R. Simon etc )...

      Je me suis un peu usé à tenter d’en discuter avec des camarades qui n’ont cessé de me renvoyer à une prétendue posture élitiste, ou donnant des leçons, ou théoriciste etc. J’ai fait l’expérience que les idées proposées ici (j’entends par les initiateurs) ne pouvaient pas faire l’objet de pédagogie, mais étaient bel et bien affaire de feeling, et de % de globules rouges, comme dit l’autre. Je ne doute pas que mes remarques puissent apparaître comme suffisantes etc. etc. C’est sans doute pourquoi elle suffiront à ma peine, pour aujourd’hui.

      Chabaroom

      • La communisation ? Mais peut-être que personne n’a vraiment envie de cela ?, Sancho Prends ça, 9 avril 2005

        Il n’y a aucune posture éliste dans ton propos, mais simplement un confusionnisme assez désastreux.
        Ton utilisation de la nov langue communiste ne te va pas forcement.
        Meme si elle parait te procurer un certain plaisir.
        Dire qu’il y a 35 ans de gachis derrière toi.
        je crois que 20 autres années te collent au cul.

        Le problème c’est la question, ba voyons !. Encore un discours de curé.

        A un niveau du développement du discours il est plus qu’obligatoire de moraliser les moralisateurs.
        De théoriser la théorie et ses adeptes, les théorciens et ses admirateurs.

        Dis moi d’ou tu parles je te dirais qui tu es.

        La posture théorique n’est peut-être qu’une idéologie de l’impuissance.
        Mais il n’y a rien de honteux

        A chacun son Saint graal, sa pierre philosophale, sa marchandise radicale et les vaches seront bien gardées ?

        A te lire le communisme serait un peu comme le sucre dans le lait chaud ?

        Même si nous pouvons confondre les questions tu ne donnes aucunes réponses.

        Dois-je encore lire les saintes écritures ? (Joke)

        Qui es tu que fais tu et comment ? Si ce n’est ne te subtenter de théorie ?

        Moi je ne fais rien ...mais alors rien. hélas ! la misanthropie me tente deplus en plus.

        Marre : Des cadres sup ultra -gauche, du refus de parvenir des pontes du CNRS, du collectif autogéré avec l’argent à Papa, des
        révolutionnaires anarchistes fonctionnaires et fonctionnaires de l’Etat, des féministes de salons du XVIeme, des faux ouvriers intellos, des poetes libertaires DRH, des révoltés bobo de normal sup tendance Negri ascendant Onfray, des théoriciens de la buttes aux cailles un verre de bordeau à la main : le monde est vilain mais Guy Debord est dans ma main gauche.

        De la cohérence bordel ! Si la contradiction est le moteur de toute chose. Soyons irréponsable en etant cohérent !

        Peut-être me suis tromper en lisant la 11 ème thèse de Feuerbach. Qui ne me quitte hélas jamais.
        Peut-etre ne s’adresse t_elle pas à ma modeste personne mais aux Stirner, Bauer et autres interpretes du vieux monde.

        Quel con je fais.

        Je me pose hélas des questions sur le communisme pratique, éthique (Celui de mon quotidien) sur le pouvoir formel et informel, la production du necessaire et de l’inutile, du désir, de la reproduction de ce que nous voulons fuir ou supprimer. Le ver est t_il dans le fruit ?

        Il ne faut certes pas faire bouillir les marmites du futur !

        Mais encore faut-il que nous ayons des marmites et du feu ?

        Et cela ne sera dans aucunes oeuvres complètes dans la pléiade ou sur un site internet.

        il est temps de se préocupper de ce que peut-être le communisme mais aussi ne ce qu’il ne doit pas être. Le développement des forces productives ni fera rien : Le communisme à toujours été possible ! Mais peut-être que personne n’a vraiment envie de cela ?

        Sancho Prends ça


        • > La communisation ? Mais peut-être que personne n’a vraiment envie de cela ?, Patlotch, 10 avril 2005

          Franchement, je ne comprends pas que mon intervention puisse provoquer une sortie pareille.

          Oui, je m’inscris dans la problématique ouverte par ce site, parce que j’en partage les fondations. Oui je considère qu’il est nécessaire a minima de les connaître sans quoi ça part dans tous les sens, et non-sens : preuve ton intervention dont je partage l’exaspération, mais que je ne pense pas mériter personnellement. Sinon, qu’est-ce que je viendrais faire ici ? Ta liste « Marre etc. », dont j’espère qu’elle n’est pas exhaustive, je ne vois pas en quoi elle me concerne. Oui je travaille dans la Fonction publique d’Etat (où je ne suis pas fonctionnaire mais contractuel, mais peu importe) : je suis bien placé pour savoir les ravages de l’idéologie du service public, du corporatisme, du catégoriel, et assez concrètement comment fonctionne l’emprise, la capture des salariés fonctionnaires, le consensus politico-idéologique, de la sauce Raffarin à l’alternativisme, essentiellement par le syndicalisme. Nous ne sommes pas des masses à penser de la sorte, et que ce soit avec le SMIC ou 10 fois plus n’y change pas grand chose, pas plus que de s’afficher trots ou anar, pour ceux que je connais : tous vont à la soupe quand ils ne la servent pas. Mais une chose est intéressante, et ce n’est pas chez les militants qu’on trouve le plus d’échos, c’est qu’à force de servir la soupe, le service public gna gna gna, ceux qui ne sont pas dupes sont disponibles pour autre chose, par exemple se fendre la poire quand on leur dit que les fonctionnaires sont à la pointe du combat anticapitaliste ;-)

          Sur le fond d’autres répondraient mieux que moi (et merde à Calvaire, si ça fait "curé") : oui, le communisme a toujours été possible, mais relativement à un cycle de luttes donné, et dans le cycle actuel, il n’en dépend pas moins de "conditions déterminées" comme dit l’autre, et d’ailleurs, le contraire se saurait. Certes ces conditions ne sont pas "le développement des forces productives", mais néanmoins toujours l’état de la contradiction capital-prolétariat : c’est de partager ça que nous nous retrouvons ici, non ?

          A partir de là, qu’est-ce qu’on en fait, est-ce qu’on peut, et comment, agir sur ce rapport, sur ce procès ? C’est je crois l’objet des échanges actuels... Quant à Calvaire, singulièrement, il flotte entre la question et la sortie de la question : à multiplier les exemples de son désaccord avec l’affirmation : "il n’y a pas de transcroissance possible des luttes revendicatives à la révolution", il donne de fait l’impression que pour lui, la communisation est engagée ou du moins engageable... On peut jouer sur les mots, sur le terrain toutes les expérimentations sont possibles, mais sur le plan théorique, il ne faut pas prendre ses désirs pour des réalités. En passant, je ne vois pas en quoi j’ai manqué de "cohérence"... bordel ou pas.

          Pour en sortir par le haut : dire 1) il n’y a pas trancroissance... 2) pas de possibilité révolutionnaire immédiate (donc pas de communisation possible avant un certain temps), cela ne signifie pas qu’il n’y a rien à faire, sinon Meeting n’aurait pas de raison d’être, puisque c’est justement sa vocation que d’intervenir dans cet entre-deux.

          Pour ma part, je considère effectivement que la connaissance de la théorie n’est pas tout, qu’elle ne détermine pas forcément ce qui déborde les limites actuelles, mais qu’elle conditionne en réciprocité ce qu’on peut faire de ces débordements, ne serait-ce que pour les reconnaître, les interpréter, leur donner du sens, bref, être de plein pied dans la praxis du rapport capital-prolétariat. Venir ici, c’est manifester un intérêt pour la théorie, et pas n’importe laquelle. Le combat est devenu aussi théoricien, c’est comme ça, plus que jamais. Et le contexte, c’est par exemple qu’à Paris, il est très difficile de trouver en librairie une édition complète du Capital... ça se passerait de commentaires si on n’assistait pas aux délires religieux de la jeunesse d’extrême gauche devant des idoles, des grandes figures de la bolchévie aux... maîtres de l’anarchie.

          Quant à savoir si 20 autres années me colleront au cul, c’est assez probable, mais alors je ne serai pas seul... et il y aura mille façon de les occuper : j’espère bien crever avant d’arrêter ma production d’inutilités sociales.

          Patlotch, 10 avril, 3h14


          • > communisation de l’utopie ...? ou communisation de la prochaine pratique ?, Cierre Plastres, 11 avril 2005

            Cher Patotch
            Je crois qu’il ne faut confondre le débat et ta personne.
            Tu n’es que la manifestation, l’incarnation transitoire de ce débat non pas son centre.

            Cycle de lutte ? encore 1 alors ? jamais mûr ?
            La "metaphysique dialectique" là encore au service de la justification de l’inaccptable.

            Je vais donc attendre la prochaine....des fois que je passe à coté reveillez moi !

            Elle a bon dos la contradiction capital / travail.

            Mes questions.

            - Comment fait-on si demain une bonne grève dégenère en Europe ou dans le Monde (Soyons fou)

            (Pour la traduc TC voir Google et cliquez CT comme Communist Theory)

            POUR :

            - Le pouvoir.
            - La production.
            - La distribution (par exemple Voir le texte du Groupe des Communistes Internationaux (GIK) celui des années 30...)
            - La lutte contre la bourgeoisie et son armée.
            etc...

            Trop pragmatique ? trop dansle programmatisme ? pas assez dans la Theorie ?

            Bon c’est peut-être en rupture avec le Mouv Comm et la TC attitude.

            Mais ces questions sont les mêmes pour notre quotidien.


            • > communisation de l’utopie ...? ou communisation de la prochaine pratique ?, Patlotch, 22 avril 2005

              Ta réponse m’avait échappé. Je ne crois pas précisément "confondre le débat et ma personne", et tu es très gentil de me le rappeler, si ce n’est que tes questions s’adressaient à moi, me demandant qui j’étais, ce que je faisais, d’où je parlais etc. suivies d’une liste de ce dont tu as "marre", où j’ai sûrement développé une petite parano... C’est pour ça que gentiment je t’ai répondu. La prochaine fois, je ferai mieux, si tu ne me mets toi-même pas "au centre". Tu as raison, mais qui confond ? Pas un peu pervers tout ça ? Mais rassure-toi : je m’en fous.

              Pour tes questions, rien à répondre, je ne suis pas prophète, nous n’en sommes pas là, et je ne crois pas quant à moi qu’à court terme se déclenche une "bonne grève" débouchant sur un processus de communisation.

              Une théorie n’est pas invalide de ne pouvoir faire ce qu’elle ne dit pas. En d’autre termes tes critiques ne portent pas sur cette théorie, mais sur l’idée que tu te fais de ce qu’elle devrait permettre. Tu lui poses des questions de militant qui cherche une boîte à outil, et en ceci tu lui imputes un statut théorique qu’elle n’a pas, et qu’elle critique au fond.

              Paradoxalement, tu affiches un désaccord où il n’a pas lieu d’être à mon avis... ce qui laisse un espoir au débat, justement.

              Patlotch, 22 avril


              • > Le réel est réactionnaire ! l’enfoiré !, Sancho prends ça, 23 avril 2005

                Cher Patloch

                Une "bonne grève" oui comme je disais mais je précisais "soyons fou".

                Si le débat n’est que Théorique, les questions pratiques, trop militante...
                A quoi bon ?

                S’il n’’y a pas un minimun de retour sur la / de la pratique.

                "proof the pudding is to eat the pudding" ?

                Peut-être avons nous peur qu’il soit en peu avarié ?

                La théorie communiste qui n’est plus utopique confine à l’Analyse (Au sens freudien) relève du rituel
                pour "grands dépressifs".

                Il y a invocation systématique de formules magiques et redondante comme pour exorciser la réalité
                intenable.

                Nous y trouvons des héritiques, des schimatiques, des objectivistes j’en passe etc etc... !

                Pas de mal a se faire du bien ?

                Certes mais le projet communisme se trouve alors ajourné presque au jour du "jugement dernier" ?
                Le jour ou la sainte "transcroissance" "l’esprit saint" capital / travail mais avec le coup de pousse de la dialectique trinitaire ?

                L’ici et maintenant ?

                Le réel est réactionnaire ! l’enfoiré !

                Peut-être n’avons nous pas envie de le regarder en face

                Voila pourquoi le refuge théorique nous parait un semblant de "pratique". Cette fameuse "pratique théorique" des penseurs de facs et autres lieux de non trasmission du "savoir" aliéné.

                S’il n’y a pas de coupure epistémologique chez Marx il y a certainement une coupure pratique dans cette "théorie".

                Ces individus qui regardent le ciel ne sont plus éclairés ou facinés par ce "soleil theorique" mais aveuglée par celui ci.

                Ils sont tellement éblouis qu’ils en viennent à oublier "l’ici et le maitenant" le coté pratique des choses et tellement lourd dingue.

                Mais voila, personne ne peut sortir du lot quand la question a traiter est qui sortira les poubelles cette semaine ?

                Comment doit-on gérer le "pouvoir", celui de "l’intérieur" , la cuirasse caracterielle, les rapport hommes / femmes ?
                Qui va repasser les chemises dans le monde communiste ? et les courses ? c’est bobonne ?

                Qui c’est qui va produire de l’electricité ? et le pain ? et mon livre de poche ?

                Vous avez déja vu un SO de la CNT ?
                Les nanas sont pas la ! super ! youpi ! le communisme libertaire !

                J’espère que le communisme théorique ne nous prépare pas une camisole ?

                Parle moi de ton communisme je te dirais qui tu es !


                • > Le réel est réactionnaire ! l’enfoiré !, , 25 avril 2005

                  Gentil une fois, deux fois... Cet échange est sans intérêt. Tu cherches quoi ? Tu parles tout seul, tu n’as pas montré le moindre intérêt pour quoi que ce soit de consistant, ni que tu aurais compris de quoi il s’agit. A part tes sorties ironiques et tes préoccupations de consommateur, t’es sûrement cultivé et peut-être ’de gauche’, alors franchement, le communisme, qu’est-ce que t’en as à foutre ?

                  Communisme primitif : je sors les poubelles, ma compagne est niponne et bonne, et personne ne repasse. Dans mon communisme on supprimera les fers à repasser. Vas voir « l’Homme au complet blanc » (un type qui invente un tissu infroissable, ce qui ne tarde pas à lui mettre à dos le patron et les prolos de la boîte... quand t’auras compris pourquoi, je t’en raconterai une autre)

                  Même quand il fut prouvé que la terre était ronde, une immense majorité continua, en pratique, aveuglée par son ignorance, à faire comme si elle était plate, tournant en rond au bord de la mer. "Mon communisme" se passera de tes platitudes, comme de ton pragmatisme de super-marché, où tu trouvera toutes sortes de puddings : bon appétit !

                  Patlotch, 25 avril


                  • > Le réel est réactionnaire ! l’enfoiré !, , 18 mai 2005

                    Pourrais-tu répondre à ses questions en sortant des bulles spéculatives de la grande théorie attentiste Patlotch plutôt que de lui souhaiter bon appétit ?


                    • > Le réel est réactionnaire ! l’enfoiré !, Patlotch, 18 mai 2005

                      Je disais "pervers" : me mettre en cause explicitement, autour de questions que je n’ai pas théorisé personnellement, puis me faire le reproche de "confondre le débat et ma personne"... alors répondre, dans ces conditions, très peu pour moi. Je me considère ici comme un maillon faible, mais pas assez pour m’étonner qu’à travers la faiblesse de mes interventions, on cherche à atteindre quelque chose de plus solide, de façon un peu facile, et par trop polémique. Donc si cela présente un intérêt, c’est effectivement en le dépersonnalisant. Je ne nie pas la pertinence de certaines questions, je pourrais même m’en poser certaines, mais engager le débat sur ce registre, je ne suis pas candidat. Ailleurs on me prête l’idée de chercher des "recettes" pour la pratique, précisémment, Sancho y trouverait peut-être de quoi alimenter sa curiosité... Quant à ces questions -ces mises en demeure de répondre alors que lui ne dit rien d’où il parle- puisqu’elles ne s’adresseraient pas à moi personnellement, je n’y répondrai pas personnellement.

                      Ce que je peux partager, c’est la sorte de frustration de ce qui se révèle impossible pour répondre à un désir immédiat de se battre. Là réside un véritable problème dans la discussion avec tout militant : j’ai posé ailleurs ces questions.

                      Il existe toutes sortes de pratiques sociales et politiques, de luttes, et j’avoue que j’ai de plus en plus de mal à m’y sentir à l’aise, dans ce qui se présente comme une entonnoir alternativiste, une canalisation idéologique d’échelle historique. Je n’ai à vrai dire pas de solution, parce que je vois surtout l’impasse, et pire l’entrée en masse dans cette impasse pour un temps durable. Ce que je trouve dans les théories présentées ici, c’est une explication à cette impasse et de nouvelles questions, qui interrogent des pratiques auxquelles j’ai pu participé jusqu’ici, pendant des années, dans le champ politique ou syndical : quelle pertinence du point de vue du communisme, en d’autres termes du point de vue de l’abolition du Capital ? A une pratique qui ne colle pas avec ce que je sens, j’ai la faiblesse de préférer ce qui lui donne du sens, dans l’écart.

                      Je crois que ceux qui ne se posent pas ces questions, qui disent "circulez, ya rien à voir", "théories-cacas", "intellos dans leurs bulles", ont tout loisir de s’engager ici ou là : ce n’est pas le choix qui manque par les temps qui courent : pourquoi titiller ceux qui pensent que ces pratiques sont problématiques, dans leur rapport à la contradiction de l’exploitation ? Je cherche, comme la plupart ici j’imagine, des pratiques qui entrent en résonnance avec ce questionnement théorique. Maintenant, il ne faut pas faire dire à ces "théoriciens" ou à tous, ce qu’ils ne disent pas, à savoir qu’il n’y aurait rien à faire, qu’on ne pourrait qu’attendre (les "conditions objectives"...). Voilà qui relèverait soit de l’incompréhension, soit de la mauvaise foi, et qui aurait l’inconvénient de passer à la trappe les différences de points de vue qui s’expriment justement ici, pour les mettre tous dans le même sac : je n’ai pas envie d’encourager cette tentation, ou cette tentative de noyer le bébé du poisson (elle est bien gentille...), et j’ai déjà assez de mal à m’y retrouver dans ces points de vue, à cerner les questions ouvertes de façon claire : questions pour les uns qui n’en sont pas pour les autres, et questions entre eux.

                      Il y a peut-être quelque chose à renverser dans ce sentiment d’impossible, cette frustration. C’est comme ça que j’ai compris par exemple l’intervention de Jef Etats, Classes et déclasse.


                    • > Le réel est réactionnaire ! l’enfoiré !, jef, 19 mai 2005

                      patlotch a raison : pas la peine, que je prendrai tout de me^me pour la lui épargner.
                      il n’y a pas plus de coupure épistémo-althussérienne que de coupure théorico-pratique. la théorie est de la pratique inchoative. tension du corps tout entier qui pense, sur le mode de l’inspiration.
                      le repassage, les poubelles à sortir et les livres de poche personnels dans le communisme, comme si rien ne s’était passé, le communisme à l’image du présent, en somme ! quelle imagination ! quelle perspicacité ! c’est un communisme de redistribution des revenus, de beauf, quoi. du travail et des salaires, un peu de bon sens messieurs les théoriciens ! luttons ! il y a des organisations pour ça ! imparfaites, certes, mais etc. etc.
                      allez, suffit pour aujourd’hui, et même pour demain et après-demain.


                      • > Pour une critique du communisme à la "Gérard Majax", Sancho, 20 mai 2005

                        - Abracadra
                        - Sésame ouvre toi
                        - Picoti picota ...
                        Communisme me / te voila !

                        Pragmatique ne veux dire réaliste...

                        Il y a finalement peu de synthèse dans votre communisme...
                        Je pense faire une critique de ce communisme "quantique".
                        N’oublions pas que beaucoup de groupes "ésotériques" se revendiquent de la théorie des "cordes" !

                        Je laisse tomber...

                        Au passage :
                        Voir la réponse de Charles Reeve dans le dernier Echange Printemps 2005.
                        Je crois effectivement ne rien avoir à faire avec ce communisme là.

                        Que vive le communisme libertaire


                        • > Pour une critique du communisme à la "Gérard Majax", Hélène, 21 mai 2005

                          Bonjour,

                          Une question à Sancho :

                          C’est quoi le communisme libertaire ?Je pose cette question en toute honnêteté car sans cet adjectif-libertaire-le terme communisme rappelle pour pas mal de gens l’époque du stalinisme.Ayant appartenu à une organisation anarchosyndicaliste,les tracts distribués finissaient très souvent par "vive le communisme libertaire" afin d’enlever toute référence au marxisme et préciser qu’il n’y avait aucun anarchisme individualiste prôné par cette organisation.
                          Avec la chair,le sang,le cœur malgré la virtualité des débats sur ce site et la frustation de ne jamais entendre le son de la voix,de ne jamais découvrir le visage des internautes de Meeting.

                          Hélène


                          • > Pour une critique du communisme à la "Gérard Majax", jef, 23 mai 2005

                            empêcher toute évocation du marxisme, c’est très bien dans la mesure où marx n’était pas marxiste de son propre aveu.
                            mais pourrait-on un peu sortir du bocal nanar avec son décor de coraux postiches "autoritaire/anti", svp ? a-t-on jamais entendu chez marx qu’on se casserait le cul à faire la révolution pour reproduire la même vieille merde de la domination et de l’exploitation ? il me semble qu’il faudrait examiner sérieusement, historiquement les termes du débat entre marx et bakounine, à supposer qu’il eut jamais lieu, ou l’ampleur post-festum que veulent bien lui prêter nanars et anars depuis 150 ans. il faudrait ptêt passer à aut’chose.
                            si le libertarisme c’est que la révolution n’est qu’une grande fête où on n’aura pas besoin de jeter les sbires dans le fleuve ou les donner à manger aux poissons de mer, la réfutation a déjà été fournie par durruti soi-même, version démentielle, bien entendu. il me semble que la tempête au bassin des enfants a cessé, ou devrait cesser.


                            • > Pour une critique du communisme à la "Gérard Majax", Patlotch, 23 mai 2005

                              De Karl MARX, il y a ceci, curieusement rappelé sur le site d’ un élu PCF de la Seine-Saint-Denis qui tient d’un curé de campagne à la ville que d’un libertaire comme on voudra :

                              « La révolution sociale du XIXème siècle ne peut pas tirer sa poésie du passé, mais seulement de l’avenir. Elle ne peut pas commencer avec elle-même avant d’avoir liquidé complétement toute superstition à l’égard du passé" et "doit laisser les morts enterrer leurs morts pour réaliser son propre objet » - Karl Marx.

                              Plutôt que liquider les superstitions, on les aurait-i’ pas solidifiées, y compris du côté des com’lib’ ?

                              Je trouve paradoxale l’accusation de "magie" à propos des thèses en question. C’est, d’abord intellectuellement, une ineptie. Pour qu’on attende avec impatience cette « critique du communisme quantique », encore eût-il phallusse que cette boursouflure physiciste ne s’envoie pas d’elle-même dans ses cordes.

                              Pour résumer, il peut toujours repasser, en libertaire... (et Sancho repassa...)