La recomposition du mouvement révolutionnaire: Les limites de l’autonomie / deuxième partie - Calvaire

vendredi, 10 septembre 2004

la communisation et l’hétérogénéité des formes de luttes et de vie révolutionnaires

Un courant existe en France surtout qui se nomme courant de la communisation (ou courant communisateur). Essentiellement, ce courant est celui qui prolonge le discours, ou théorie, du prolétariat dans le sens de la révolution comme abolition par le prolétariat des classes, du capitalisme et, dans la continuité logique, de lui-même. Mais, il le ferait comme classe unifiée, on pourrait y voir la continuité de la réification catégorielle des individus (alors qu’une de ses fractions Théorie communiste en appelle contradictoirement à l’immédiateté sociale de ceux-ci dans la communisation que devra produire un jour la révolution, on n’est vraiment pas très loin non plus, dans cette attente, du grand soir et, plus ironiquement, de l’attente des conditions réunies pour le jugement dernier ou pour la venue du messie, jugement dernier ou messie que serait la révolution dans une vision athéiste). De plus, comment le prolétariat pourrait-il s’abolir comme sujet révolutionnaire si celui-ci est disparu ? Ce courant ne déclare-t-il pas lui-même faire partie de la théorie ’’post-prolétarienne’’ ? Bref ce courant semble ignorer la donne fondamentale de la disparition d’une culture prolétarienne vraiment généralisée et unificatrice et de la dissémination du prolétariat en couches diversifiées à l’infini ou presque d’individus aux conditions et identités diverses, aux formes de travail diverses (du travailleur autonome au bureaucrate, du technocrate au gestionnaire, du salarié plus traditionnel à l’organisateur...) ou de non-travail, des couches diversifiées et par ailleurs largement intégrées, des masses plurielles et difformes, à la logique production-circulation-consommation qui n’ont plus rien à voir avec ce noble sujet révolutionnaire dont parlait Marx. On peut dire qu’il regrette sa belle époque du prolétariat comme sujet relativement commun et unifié. Et ne fait que maugréer l’époque postmoderne. Même si c’est pour dire ensuite que la révolution sera l’abolition des classes par le prolétariat qui s’y abolira lui-même également. L’histoire a servi ce courant : le prolétariat fut aboli comme classe unifiée et comme réification catégorielle des individus. Mais tout le reste est à faire et à venir.

Nous, nous abandonnons la théorie du sujet révolutionnaire. Le mouvement révolutionnaire ne peut tenir compte du fantôme du prolétariat uni pour se recomposer. Mais je reprendrai volontiers les points forts du courant de la communisation car je pense également que ’’la théorie de la révolution comme COMMUNISATION IMMEDIATE DE LA SOCIETE (sans période de transition) est le principal acquis du cycle théorique désormais clos de la théorie post prolétarienne de la révolution’’. Mais par ailleurs, si la phase de transition marxiste étatiste nous paraît également dépassé (accomplie et achevée comme contre-révolution sociale-démocrate ou du capitalisme d’État à la soviétique), nous pensons que nous ne pouvons pas être que dans l’attente théorisante des conditions objectives de la révolution générale, du grand soir, et espérer la production du communisme. La production du communisme ne peut pas être comme apparition magique d’une conscience et d’une pratique unifiées un jour que des conditions seules seront là. Le mouvement révolutionnaire n’est pas de la sorcellerie, dirais-je ironiquement. Il ne peut s’agir ici de réduire la révolution à un mouvement qui s’accomplirait parce que déterminé par les crises du capitalisme, celui-ci ayant montré à plus d’une reprise qu’il sait survivre aux contradictions sociales qu’il engendre et à ses crises. L’histoire n’est pas si déterministe que cela.

L’histoire n’est par contre pas indéterministe non plus. Rarement les révolutions arrivent-elles avant que les conditions soient réunies pour qu’elles s’engendrent. Il s’agit de rompre ici avec le déterminisme implacable de Théorie communiste et avec l’indéterminisme de Gilles Dauvé et de ses camarades, qui sont les deux fractions majeures de la communisation. Il y a le déterminisme des conditions historiques qui est relatif et la construction du mouvement révolutionnaire qui est tout à la fois volonté, pratiques, critique, théorisation... C’est de l’ordre de la dialectique historique entre les déterminations et la praxis révolutionnaire. C’est la base même du matérialisme historique quand il ne sombre pas dans les vulgates que sont le marxisme prétendument scientifique quasi absolument déterministe entre autres stalinien ou le spontanéisme.

’’La communisation est à la fois la « mise en commun » c’est-à-dire l’instauration de ces rapports sociaux non médiés et par extension une manière de désigner le processus tout entier de la production du communisme. [...] le communisme est un rapport social qui est à créer.’’ (extrait d’un texte signé Denis qui s’intitule Trois thèses sur la communisation paru dans le premier numéro de Meeting et disponible sur le site web à http://meeting.senonevero.net)

La communisation comme le dit la dernière citation est mise en commun, instauration des rapports sociaux non médiés, processus et le communisme est le rapport social général qui est à créer qui serait la résultante du processus de communisation. La communisation qui engendrera ce communisme se construit (ou se compose) à travers la confrontation dialectique entre l’état praxiologique du mouvement révolutionnaire et les conditions sociales historiques de chaque moment historique et particulièrement la constellation impériale des formes de domination, disons qu’ici la communisation et le mouvement révolutionnaire se recoupent pratiquement totalement, tout au moins ils sont organiques l’un à l’autre.

Comme nous l’avons vu la condition générale du mouvement révolutionnaire de notre époque est la dissémination de la diversité des formes révolutionnaires de luttes et de vie et la communisation n’existe que comme pratiques particulières de communautés particulières et n’existe pas comme processus général de production du communisme. À moins de confondre le communisme généralisé avec l’expérimentation particulière de la communisation comme des membres du collectif TIQQUN le faisaient en affirmant qu’’’il n’y a pas de transition vers le communisme, la transition est la catégorie du communisme , du communisme EN TANT QU’EXPÉRIMENTATION .’’ C’est ici la principale limite des actuelles formes révolutionnaires de vie et de luttes. Il y a des mouvances révolutionnaires prisonnières de tous les dangers insurmontables qui les menacent dans leur autosuffisance et il n’y a pas de mouvement révolutionnaire comme processus général. Nous avons l’hétérogénéité des formes de luttes et de vie révolutionnaires qui demande à s’étendre et à se développer (comme le disaient TIQQUN, entre autres ’’une constellation expansive de squats, de fermes autogérées, d’habitations collectives, de rassemblements fine a se stesso, de radios, de techniques et d’idées. L’ensemble relié par une intense circulation des corps, et des affects entre les corps.’’), mais nous n’avons pas de mouvement révolutionnaire comme processus général de communisation, de communisation notamment de cette diversité de formes de vie et de luttes révolutionnnaires en développement, qui se parachèverait dans la production du communisme global comme révolution. Ce processus est à créer et à venir.

Et sans se penser dans ce processus général de communisation autant comme courant présent (sa théorisation, ses pratiques) que comme future réalité de la révolution, toutes les formes de luttes et de vie que nous présentons comme étant révolutionnaires sont condamnées à se maintenir dans l’alternative et, dans leur prolongement idéologique, l’alternativisme, à s’intégrer et par le fait même à devenir contre-révolutionnaires ou encore à disparaître (voire entre autres la première partie de cet article qui s’intitule Critique révolutionnaire des milieux de l’autonomie).

À la globalisation impériale des formes de la domination, opposons la communisation généralisée, c’est-à-dire le communisme global !

’’La prochaine révolution sera communisation de la société, c’est-à-dire sa destruction, sans "période de transition" ni "dictature du prolétariat", destruction des classes et du salariat, de toute forme d’État ou de totalité subsumant les individus...’’ Communisation - Christian Charrier

Commentaires :

  • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, jef, 20 septembre 2004

    ma thèse serait qu’il y a continuité entre d’une part ce que tu appelles surgescences ponctuelles de l’autonomie, expérimentations, voir création d’un milieu plus ou moins subsistant mais exposé à se figer en alternativisme douillet, et, d’autre part, processus révolutionnaire. les expérimentations ne sont rien d’autre que la pédagogie de ce processus. elles étendent le réseau m^me des dispositions qui les fondent, elles sont la réticulation croissante de ces aptitudes. le besoin de former l’organisation ne s’étanche que dans une expérimentation nouvelle, qui marque certes un seuil qualitatif. la question n’est pas du quand et du comment, ce besoin se manifestera dans la croissance des expérimentations pour élever d’un cran le niveau des luttes, c’est-à-dire de ce qui consiste à soutirer quelque chose à l’Etat et aux patrons. ce soutirage peut s’interpréter comme affirmation paradoxale et aberrante du prolétariat, sans provoc à l’égard des communisateurs : aberrante, précisément eu égard à la reconduction de sa polarité m^eme dans le système, c’est-à-dire affirmative jusqu’à sa destruction - joyeuse s’entend.


    • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, Calvaire, 21 septembre 2004

      Je pense que ces expérimentations forment un mouvement social potentiellement révolutionnaire mais qu’entre l’expérimentation particulière de la communisation et la communisation comme processus révolutionnaire d’ensemble, il n’y a pas de transcroissance. Ce sont deux logiques comme deux mouvements qui se parachèvent mais qui ont leur logique propre, relativement autonome : la communisation et l’hétérogénéité des formes de luttes et de vie révolutionnaires. Il va falloir d’une manière complémentaire que se développent les fondements du mouvement de la destruction : grève humaine, grève sauvage illimitée, sabotage systématique, arrêt généralisé et permanent du travail, destruction des processus de restructuration du capitalisme (destruction des formes suivantes entre autres : démocratisme radical, réformisme, citoyennisme, alternativisme...)... À venir : la communisation, la destruction créatrice, la communisation comme destruction créatrice...


      • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, jef, 22 septembre 2004

        oui pour l’autonomie relative de la constitution du réseau des réseaux, de la coordination des expériences ou du mouvement des mouvements (désolé si cette expression tutebianchiste excède la sensibilité des anars de mutines séditions, cf. leur brochure sur le negrisme, assez remarquable, d’ailleurs), mais relative précisément. quand je dis continuité, je veux dire qu’il n’y a pas de seuil de continuité entre la dispersion et l’unification du dispersé, entre la résistance et l’offensive, mais que de l’un à l’autre il y a concrescence des moments, sans béance entre la pratique non-révolutionnaire du quotidiennisme et la théorie rêvée du grand bond rassembleur. sans faire de l’hégélisme de comptoir, le quantitatif débouche sur des propriétés émergentes, le passage du privé à la constitution d’une force publique, avec laquelle l’Etat ne peut pas ne pas compter comme on compte avec un ’partenaire social’, à ceci près évidemment qu’il s’agirait de jouer l’inintégrabilité tout en maintenant la pression jusqu’à l’asphyxie de l’adversaire. la notion de transcroissance reste obscure à mes yeux. si son refus signifie que le passage ne se fait pas tout seul, c’est à la fois évident et faux, car cela revient à cliver la pseudo spontanéité du quotidiennisme (quelle foutaise, il s’agit d’un -isme ! pas de la quotidienneté) et l’interventionnisme volontariste des révolutionnaires : faux problèmes. ce qui devrait aller de soi, c’est que les quotidiennistes ou résistants sont en soi révolutionnaires pour parler comme hegel, que le communisme est là embryonnairement. c’est pourquoi si la coordination, le passage à l’offensive est un moment distinct (certes, pas d’alternativisme béat, pas de révolution par submersion progressive sans moment unificateur du négatif, si j’ose dire, mais à l’envers, un pour soi du négatif comme négatif), mais ne sort pas du chapeau d’une poignée de théoriciens patentés décidés, comme par le jeu concordant de leurs libre-arbitres, à passer à l’attaque, espérant entraîner le reste des troupes derrière eux.


        • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, Calvaire, 24 septembre 2004

          Franchement Jeff, vous pourriez faire un petit effort en ce qui concerne la clarté de vos propos. Ce dernier commentaire dépasse les bornes. Votre commentaire utilise un langage imprécis, ampoulé, bref digne d’une élite petite-bourgeoise très obscurantiste. Je m’excuse de répondre aussi sèchement, mais franchement... Je répondrai à votre commentaire plus tard, mais je vous encourage à faire un petit effort en ce qui concerne la lisibilité de votre écriture.


          • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, jef, 25 septembre 2004

            imprécis, ampoulé, petit-bourgeois, obscurantiste. ça y va crescendo.
            jusqu’ici, je me disais chouette, pas d’injures, pas d’anathèmes, on est chez des gens sérieux, courtois, affables.

            alors calvaire, explique moi ce que signifie : matérialisme historique, et aussi : dialectique.
            je n’en rajoute pas, tu vois, deux toutes petites choses. je voudrais partager ma palme d’obscurantisme avec tous ; magnanime le mec.


            • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, Calvaire, 27 septembre 2004

              ’’alors calvaire, explique moi ce que signifie : matérialisme historique, et aussi : dialectique.’’

              Une de mes activités actuelles est de réfléchir à la recomposition du matérialisme historique à partir de l’analyse descriptive de la diversité relativement unie des modes de domination et les luttes qui se jouent contre, dont les perspectives révolutionnaires qui se développent autant au niveau théorique que pratiques (comme illustrées entre autres par les deux présents textes sur Meeting), de leur dialectique et de la complexité de ce mouvement conflictuel, de confrontation, qui permettent de penser stratégiquement et comme organisation du mouvement leur dépassement (contre-révolutionnaire vs révolutionnaire, domination vs destruction créatrice du monde des modes de domination, monde que certains nomment Empire)... Je me permets donc de prendre un peu de temps avant de te répondre, mais c’est promis que je vais le faire. En attendant, ne soit pas trop insulté par ma remarque sur l’obscurantisme, c’est juste qu’il serait bien de se comprendre pour bien débattre et permettre aux autres de débattre ave nous également.


              • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, jef, 28 septembre 2004

                voilà qui se précise, m^eme si le matérialisme historique relève si j’ai bien compris du courant universaliste à la Astarian (cf. charrier à ce sujet ^o combien didactique). donc : science de l’histoire (dont la lutte des classes est le moteur), téléologisme, esprit hégélien, intér^et de classe et tutti quanti, bref, marxisme. là où je vois le virtuel du communisme comme ce que maler appelle une possibilité contrariée, en voie de contrariation, de disparition, mais toujours réactivable. hmm. le dialogue entre marxistes et antimarxistes s’annonce dur, comme toujours.


                • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, Calvaire, 29 septembre 2004

                  Une chose est tout au moins certaine, comme Marx lui-même, je ne suis pas marxiste. Si je réarticule les perspectives du matérialisme historique, c’est aussi pour me distancer de cette affirmation qui énonce ’’que la seule perspective révolutionnaire actuelle est celle de la destruction du capitalisme et indissociablement de toutes les classes’’. Je considère qu’un nombre important de formes de dominations coexistent (patriarcat, capitalisme, États, domination/destruction quasi systématique de l’écologie...) qui ne sont pas entièrement réductibles les unes aux autres. Et comme je l’inscris dans le texte qui précède cet échange, ou débat, je considère que le prolétariat est disparu comme classe unitaire seule porteuse par nature ou par les contradictions de la révolution (même de celle de la communisation qui comprend son autoabolition). Rien ici qui fasse de moi un marxiste et encore moins un hégélien, je considère également que l’histoire est toujours en jeu et que ses formes ne sont pas rigidifiées absolument par des finalités qu’elle comprendrait en elle-même ou par déterminisme rigide des formes sociohistoriques qui la font (pas d’histoire comme mue par le presque unique moteur de la lutte des classes ou par les contradictions principales quasi uniques du capitalisme, pas d’essence communiste/humaine à réaliser, comme il est écrit dans le texte je ne suis pas rigidement déterministe comme TC ou indéterministe à la Dauvé...) Ma pensée est ailleurs. Bientôt viendra ce texte sur la refondation du matérialisme historique... Ceci dit, je ne pense pas qu’un seul théoricien du Meeting soit vraiment marxiste. Le marxisme ne fait-il pas d’ailleurs partie de l’histoire révolue du programmatisme ?


                  • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, jef, 29 septembre 2004

                    la pomme de discorde, c’est le refus de l’essence à réaliser, qui tient au malentendu relatif à la notion m^eme d’essence humaine. le communisme est bel et bien une essence à réaliser, mais qui ne se tiendrait pas tapie de tout temps dans les décombres de la domination. c’est l’essence à inventer, bien plut^ot, qui certes rejoue des éléments empruntés au pré-capitalisme, l’immédiateté sociale de l’individu, notamment, qu’il n’y a pas lieu de ’choisir’ depuis l’apesanteur d’un libre-arbitre quelconque, mais auxquels il s’agit d’^etre fidèles dans leur réagencement m^eme, réagencement forcé par les conditions propres au capital : le communisme serait ainsi la persévérance du pré-moderne à travers le procès d’individualisation proprement moderne, la survivance de l’immédiateté sociale à travers la dissolution des rapports de pouvoir personnels jadis : à la fois contre l’individualisation bourgeoise, l’apparence de cette forme spécifique d’individualisation des rapports humains, et contre ses conditions, les rapports sociaux capitalistes.
                    mais je suis découragé, à constater qu’il suffit de mentionner chavez pour ^etre rayé du forum. ou bien la révolution tient compte de la pédagogie de l’effectif et joue avec, ou bien on donne dans l’émeutisme godino-gloup-entartiste.


                    • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, Calvaire, 2 octobre 2004

                      ’’Une essence à inventer’’, qu’est-ce que c’est ?

                      S’il y a nature communiste de l’humanité, celle-ci existe de tout temps mais n’a jamais pu se réaliser. C’est une essence qui transcende l’histoire et qui donc n’a surtout pas à être inventée. C’est une essence au sens philosophique du terme. Cela peut être aussi parler du mouvement historique en termes d’essences/idéaux qui se réalisent. C’est fondamentalement faire de l’histoire idéaliste dans un sens similaire à l’hégélianisme. Attribuer une nature communiste et révolutionnaire au prolétariat suivrait le même type de trajectoire idéaliste. C’est un type de discours théorique en régression par rapport à Marx et au matérialisme historique. Et je pense qu’en revenir à Marx ou au marxisme, ce serait déjà une régression, alors ?(!)

                      Dans ce cadre, qu’est-ce que serait une essence à inventer ?


                    • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, jef, 4 octobre 2004

                      retire mes propos découragés, et tiens pour un accident technique la disparition de tel message. soit dit en passant, l’émeutisme est bien sympathique, en attendant que l’effectivité du procès général prenne son envol, décolle du folklore éducatif, j’en conviens (même si surtout auto-éducatif en fin de compte, et y a-t-il autre chose ? la révolution est-elle pédagogique ? oui et non. elle doit savoir parler toutes les langues pour procéder, c’est-à-dire pour s’approfondir. grande question, la posture du savoir est-elle celle du révolutionnaire ? si le savoir est demandé, et donné ’gratuitement’, oui, la formation du nouveau sujet n’est rien d’autre ; le savoir va d’aileurs dans tous les sens et est échangé. donc la critique du pédagogisme n’est justifiée que si ce qu’on vise est ce qui n’existe plus depuis longtemps, le catéchisme à l’usage des foules ignorantes. cf.www.anticapitalisme.net)


                  • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, jef, 30 septembre 2004

                    rien ne vient démentir mon diagnostic d’apotropaïsmes caractérisés


                    • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, Calvaire, 2 octobre 2004

                      ’’Diagnostic d’apotropaïsmes caractérisés’’, quoi ?

                      Tu excuseras mon ignorance, mais quelle sorte de maladie diagnostiquée est l’``apotropaïsme caractérisé`` ?

                      Sérieusement, peux-tu parler pour te faire comprendre ? SVP...


                      • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, jef, 5 octobre 2004

                        il y a un grave problème d’affichage des messages dans ce forum, leur succession n’a rien de chronologique : mes réponses n’en sont pas, et par conséquent les tiennes non plus ; c’est ce satané filtrage. on va reprendre à zéro sur l’essence à inventer.
                        d’abord les essences changent.
                        si je dis que l’essence de ce monde c’est le capital, tu ne seras pas très impressionné ni scandalisé, non ?
                        si je dis encore : pourtant, telle n’a pas été de tout temps l’essence du monde, et il est fort probable que telle elle ne sera pas toujours ; toujours d’accord ?
                        ça veut dire que l’essence naît et se dissout, m^me si chez spinoza les essences passent pour être éternelles, ce qui ne se trouve nulle part chez lui et qui signifie de toute manière autre chose : puisque l’essence est à la fois détermination et effort ou persévérance dans ladite détermination, elle est, pendant qu’elle est, indifférente au temps, donc éternelle : elle est auto-finalisée, seul son présent lui importe, et les futur-passé ne l’inquiètent qu’en tant que dimensions du présent servant le présent du présent. tout ça se trouve au reste dans le manifeste communiste, dans une phrase où marx dit que le communisme est la domination du présent sur le passé.
                        ce qui ne signifie pas qu’elle puisse être détruite par le biais de ses parties extensives ;
                        bon le communisme est une invention, tu me diras oui da. mais pas une essence ? alors quoi ? un accident ?
                        qunt au matérialisme historique, c’est-à-dire le marxisme, c’est—à-dire l’idéologie de gouvernement tirée des quelques bribes de marx parmi les plus malheureuses, pour quelqu’un qui veut se débarrasser du marxisme et de marx, c’est très fort. c’est un peu le pcf, ou les verts, quelque chose comme ça. la "science" sans la révolution, non ?


                        • > La recomposition du mouvement révolutionnaire, Calvaire, 7 octobre 2004

                          Je ne parlerais pas d’essences, mais d’histoire, de formes, de structures et de forces en présence, de luttes et de nouvelles formes de vie...

                          Pourquoi vouloir utiliser un terme aussi idéaliste que celui-ci d’essence ?

                          Quant à cela,

                          ’’bon le communisme est une invention, tu me diras oui da. mais pas une essence ? alors quoi ? un accident ?’’

                          Ni une essence, ni un accident. Mais quelque chose dont les possibilités et les conditions émergent historiquement, dans des conditions définies. Ce peut être vu aussi comme une création sociale-historique, fruit de l’imaginaire instituant, au sens de Castoriadis...

                          Le matérialisme historique au sens stalinien est bien ’’l’idéologie de gouvernement tirée des quelques bribes de marx parmi les plus malheureuses’’. Mais comme théorie et philosophie rigoureuses ayant des visées synthétiques en ce qui concerne l’analyse et la théorisation de l’histoire, c’est un travail de la pensée qui nous permet de nous-même nous saisir historiquement et de penser les modes de domination qui sont à combattre. C’est une pensée enracinée et enracinante.

                          Quant à cette dernière phrase,
                          ’’c’est un peu le pcf, ou les verts, quelque chose comme ça. la "science" sans la révolution, non ?’’

                          C’est juste de la calomnie. Je dirais plus que refonder le matérialisme historique avec la pensée des conditions sociohistoriques de notre époque et les acquis théoriques de l’histoire, c’est continuer la lutte théorique que menait Marx contre les illusions idéalistes et autres dérives bourgeoises de la pensée qui toujours nous font reculer dans l’obscurité, c’est poursuivre le volet théorique de la lutte contre la domination.


  • > La recomposition du mouvement révolutionnaire ?, un ouvrier du batiment , 5 octobre 2004

    Abracada la révolution demain on rase gratos....?
    et bien sûr la bourgeoisie nous apportera de quoi nous couper les cheveux....?!
    La faiblesse théorico-pratique (Plus pratique car embourgeoisée sociologiquement / coupée de la réalité de la lutte des classes / sur-théorisante sur son in-action) des composantes de la gauche-communiste (et de l’ultra-gauche historique)
    et l’absence de contestation de masse doit-elle nous faire retomber dans la pensée magique ?
    Quid de la redistribution ? de la production ? du pouvoir ?

    Pierre Laneret disais que " le socialisme c’est lorsque le vin coule au robinet " j’ai bien peur nous ayons
    au bout du fil théorique de nouveau Jésus-Christ.

    La théorie de l’appel de la Forêt ou après avoir bien hurlé (Le Loup) celui si re-intégre sa famille (de classe).

    Son malheur son hyper-lucidité / accuité : voila la meilleurs arme de pacification.

    Ou sont les ouvriers / théoriciens à la Paul Mattick ?

    Jamais vu !


    • > La recomposition du mouvement révolutionnaire ?, Calvaire, 7 octobre 2004

      ’’dans la pensée magique ?’’ De quoi parles-tu ? Quel discours est de la pensée magique ? Définies les limites de cette pensée que tu appelles magique et exprime clairement ce qui la combattrait, ce qui serait d’une pertinence théorique plus féconde. Là nous pourrons débattre. Sinon, tu restes dans l’unique calomnie. Et là, le débat est impossible.

      Les conditions de lutte, de vie et de théorisation de ma propre existence sont très loin d’être bourgeoises. Je suis plus pauvre que la plupart des travailleurs, car je refuse d’aliéner ma vie à l’existence laborieuse au profit de la domination capitaliste, étatiste et autres. Je m’autoorganise par la communisation particulière pour vivre mieux et m’autonomiser face aux logiques des marchés, du travail, de l’État... Je ne peux plus supporter la vie dominée du travail que j’ai vécue pendant 19 ans (et je suis âgé de seulement 30). Et tout mon temps ou presque est engagé dans la transformation du monde. À venir : la destruction créatrice, la communisation...


      • > La recomposition du mouvement révolutionnaire ?, , 10 octobre 2004

        Cher Calvaire,
        A vrai dire je pense qu’il ne faut pas te sentir visé...(ou bien bingo ?).
        C’est le triste constat de mon expérience entre le milieu anar et ultra-gauche. Entre les fonctionnaires de la FA et cadres sup / prof de Fac de l’ultra-gauche.
        Je n’ai jamais vu des prolos sociologique dans ses micro-structures politiques informelles.
        La pensée magique quest-ce donc ?
        Cette manière de théoriser l’absence et une action révée. Le mot phantasme peut-être s’occorde t_il plus avec mon propos.
        Il y a quelque chose d’incantatoire presque de l’ordre du rituel (et obligatoire) de nos milieux à absolument "fairequelquechose".
        Est-ce de la culpabilité ? Les conséquences d’un vie chiante et monotone ? ou peut-être d’un hobby du dimanche ?

        En faisant l’ouvrieriste de service et de la provoc je dirai qu’il reste encore trop de temps à ses gens pour théoriser l’inaction.
        Mais mon expérience n’a rien d’un enquête de type scientifique je puis le concéder.
        Mais qui s’occupe de theoriser la science de son exploitation ? toujours les mêmes ! est-ce bien, mal ?

        A vrai dire ceci me donne à penser que c’est déja un mauvais début.

        Des solutions ?
        Ah l’eternel argument moraliste du que faire ou du que fais tu / proposes tu ?

        - Déja si tu peux me donner ta recette pour me débarasser du salariat : et de ce fameux salaire qui me permet de payer des charges fixes (Loyer, bouffe,vetements, chauffage ) fais moi signe !
        par ce que franchement cela me pèse aussi ! Bref celui qui te permet de payer ta connexion internet et ton ordinateur ?
        Bon ok c’est pas sympa...
        Si tu est un focntionnaire de la révolte / communisation alors la.

        Je dirais rien. Ou en fait si...

        Je me débarasserai de
        - La gangue théorique décomposée de l’ultra-gauche historique.
        - Des pseudo théoriciens du mouvement-communiste ou de la communisation automotique par l’opération du saintespritAMEN qui n’est pas sans me rappeler des visions de la IIeme internationale communiste (Voir le Débat Kautsky/Bernstein) n’est-ce pas un nouveau Millénarisme que cette vision la ?
        - Des visions confusionnistes qui flottent entre anarchisme fossile et bordiguisme psychédélique.
        - Se questionner sur la sociologie de la gauche communiste
        et c’est déja pas mal pour un début.

        Depuis le temps ou les prolétaires vivent le capitalisme et ou Marx l’a magistralement décrit je me pose de questions
        sur ma/notre capacité à accepter les coups. Je crois que l’homme a une capacité a encaisser qui est phénoménale !

        A vrai dire que pouvons vraiment faire ?
        Des livres ? des brochures, distribuer des tracts ?
        Les bourgeois savent mieux le faire que nous ! et puis chui pas imprimeur ou libraire !
        Je n’ai pas envie de distribuer des tracts à mes potes qui vivent dans ma cité, ni devant chez Flins.

        Quant à l’ici et maintenant je pense que ce type c’est le type d’action qui commence bien mais qui fini toujours mal.
        Histoires de culs (souvents), problèmes de tunes, de propriété etc etc.... Et puis j’aime pas la tyranie du collectif à tout prix.
        Le scouat ou la solution des vraiement dans la dèche (Mais qui veulent rapidement trouver une solution stable) ou alors un truc de bobo de l’ENS qui s’encanailles en faisant les gauchistes tendance artisto-negriste.

        Alors c’est quoi ta solus ?
        Intégration ou désintégration ?


        • > La recomposition du mouvement révolutionnaire ?, Calvaire, 15 octobre 2004

          Bon, ce commentaire est très long. Je crois qu’essentiellement le texte y répond ainsi que mes commentaires à sa suite.

          Avec des questions plus précises, j’y ajouterai des éléments de réponse.

          Disons pour l’instant que je pense une dynamique destruction-création, destruction des formes du monde actuel et fondation à court, moyen et long termes d’un monde autre de communisation, de circulation intensive des affects entre les corps, d’autoproduction, d’autogestion, de réharmonisation et de défense des formes multiples de la vie...

          Les formes concrètes sont un peu connues mais reste encore pour beaucoup à les imaginer et, surtout, à les expérimenter ensemble.