Recomposition... Refondation... Dissémination... !!!: Vers un meeting de gauchisme ??? - Marceau

lundi, 4 avril 2005

D’abord un petit mot pour me situer : je suis issu des mouvements anars-autonomes des années’70 et influencé par les situs et l’« ultra-gauche » (faute de meilleure dénomination).
Bref , j’ai été déterminé par beaucoup des analyses dont les revues et/ou individus cités par le livre « Rupture dans la théorie... » qui en fait un excellent recensement (d’ailleurs bravo à cette initiative, une des plus importantes des dernières années à mon avis). Mon isolement des grands centres de l’hexagone ne m’a pas permis de garder un contact théorique et pratique durant ces dernières années. Un ami m’ayant fourgué le numéro 1 de Meeting version papier, j’ai vite voulu en savoir plus sur cette initiative.

Je vous écris donc brièvement après une lecture du site qui m’a laissé, disons, pantois sur certaines positions qui s’y étalent complaisamment et qui me semblent à mille lieux de l’objet central de nos préoccupations : la révolution communiste. C’est à dire qu’a contrario, ce gauchisme peut toujours servir à remettre quelques pendules à l’heure (comme disait l’autre) mais la place qu’occupe, sur le site, les mails signés « calvaire » me semble disproportionnés dans le cadre actuel et c’est de cela que je veux vous entretenir pour l’instant.
Tous ces petits textes répétitifs et grandiloquents prennent l’allure d’un dumping qui modifie radicalement , ce que je comprends être, le but de la discussion lancée par TC, La Matérielle, Trop Loin etc. Je ne prétends pas à la connaissance profonde du matérialisme historique, de la dialectique que le dénommé « calvaire » veut refonder, recuire et digérer (comme tant de fois ces néo-étudiants de Jussieu, par exemple, s’y sont essayé dans la foulée des Bourduiseries et autre) ; mais la vacuité de ce genre de prétentions sont bien connues et fonde surtout un immédiatisme à la recherche d’une énième idéologie au goût du jour.

Je ne tiens pas à entrer dans une polémique ad hominem mais j’estime que ce site mérite mieux que toute cette logorrhée post ceci ou cela. J’ai quant à moi arrêté la lecture des mails refondateurs après la réponse du 23 novembre 2004 faite à « Marx en liberté » qui amenait des critiques « matérialistes et dialectiques » au cirque du « sauvage communisateur » et qui s’est fait répondre, entre autre :

« Je suis de plus en plus enclin à penser que le type de discours tenu par le soi-disant Marx en liberté est un discours de mâle blanc occidental hétérosexuel écocidaire incapable de voir plus loin que la dynamique capitaliste parce que son existence n ‘est pas assez visiblement encagée par les autres formes de domination »

Où est le modérateur ? Serait-on porté à demander...

La récupération de la riche discussion sur la communisation par le verbiage « calvairiste » est plus grave qu’on semble le croire dans ce que j’ai lu à cette date sur le site, et éloigne sûrement nombre de camarades, à n’en pas douter. J’en appelle donc à un resserrement de la discussion qui ne laisse pas de place à ces dérives qui dénaturent la portée des théories ici discutés (TC, Trop-Loin , La Matérielle etc.).

Le choix d’un site ouvert à la discussion ne doit pas se retourner en un piège où la confusion d’individus, souvent spécialistes de ce genre d’OPA virtuelle, ruine une tentative louable sur le plan de la théorie communiste.
Pour ma part, j’aimerais dans un mail ultérieur revenir sur la portée des grèves dans le secteur public en région parisienne.

Commentaires :

  • le degré zéro du projet, daemon, 5 avril 2005

    je pense que le n°1 de meetin est plus une juxtaposition de textes aux orientations prédéterminées qu’une véritable élaboration collective. Mais peut-être est-ce parce qu’il s’agit d’un premier numéro et que, dans l’avenir, la "synergie" " (pour parler comme les managers) se fera plus évidente. A titre d’exemple, je ne comprends pas que vous publiiez, si ce n’est par opportunisme, un texte de la cnt-ait intitule Classe contre classe, titre qui résume à lui-seul la vérité du programmatisme que vous attaquez.

    J’ose espérere que les prochains numéros mettrons en scène avec plus d’intensité la "guerre de positions" entre les groupes ultra-gauche, plutôt plutôt qu’un pâle démocratisme aux relents gauchistes.

    Cordialement malgré tout,

    Nicolas


    • > le degré zéro de la critique , cain, 6 avril 2005

      Lorsqu’il est demandé à la cantonnade de justifier la présence d’un texte dans Meeting, on peut constater la vacuité du lectorat potentiel en même temps que sa passivité réelle. Personne ne répondra à la question pourquoi "Classe contre Classe" dans Meeting. La réponse toute trouvée est "parce que", ou même "parce que nous avons le sens de l’humour", ou même "parce que nous aimons les années trente et le passéisme", qu’importe. Cela pourrait tout aussi bien être une entrée en matière pour un débat, dont l’intérêt, à coup sûr ne pourrait que dépasser la contemplation benoîte de la "guerre de position" entre "ultra-gauches" dont nous parle Nicolas. Parlons plutôt de ces fameuses ultra-gauches, dont il serait certainement difficile qu’elles se nomment eles-mêmes ainsi, et de savoir, alors, qui désigner de la sorte.

      Si ce texte ne doit pas être là, s’il ne doit plus y avoir de tels textes (dont le contenu soit marqué par "un pâle démocratisme aux relents gauchistes"), que l’auteur de l’invective nous dise pourquoi, et un pourquoi qui dépasse pour une fois le niveau du "allez-y les p’tits gars, cognez vous dessus théoriquement". Reproduire un tract, rédigé pendant un temps très particulier, dont la diffusion est évidemment une attitude interventionniste et possède par là (mais même cela est à expliciter) un contenu programmatiste. Mais "programmatiste" est-il une critique suffisante pour exclure de "la revue pour la communisation" un texte ?

      Alors des questions : pourquoi pas ce tract ? & Où sont les ultra-gauches dans Meeting ?

      Avec le coeur aussi.


      • > le degré zéro de la critique , Calvaire, 8 avril 2005

        Bon, enfin... commence à se poser de vraies positions théoriques au-delà de l’orthodoxie souhaitée par certainEs de TC (pas R.S. mais les fanatiques de R.S.). Évidemment, TC est une somme et les écrits de R.S. sont plutôt inspirants pour la redéfinition d’une théorie révolutionnaire, pour la production de la rupture comme dirait F.D. Cependant, selon moi, ils ont les limites de reculer à plus tard toute action, toute pratique et toute théorie prenant en compte les luttes actuelles parce qu’il ne peut y avoir de transcroissance entre les luttes et pratiques actuelles et la communisation comme révolution généralisée. Dans les premiers textes que j’ai fait publié sur ce site, j’y viens. On peut évidemment ne pas être d’accord et avoir des divergences, d’où un dialogue critique possible. Mais je considère aussi le prolétariat comme classe révolutionnaire existante comme de plus en plus un sujet imaginaire des théories communistes et nulle part s’exprimer l’unité comme classe de ce sujet prolétarien et plus des syndicats et des partis qui représentent ou veulent représenter les intérêts capitalisés (salariat, pouvoir d’achat, heures travaillées, assurances...) d’une soi-disant classe qui n’existe que divisée en catégories particularisées et s’éliminant ou s’ayant éliminée donc comme classe-sujet révolutionnaire visant son abolition générale ou son affirmation toute aussi générale. Sans le prolétariat comme concept unificateur et sans organisation du mouvement révolutionnaire dès aujourd’hui, la révolution de R.S. et de celles et ceux qui pensent comme lui, il me semble, ne peut sortir que de nulle part. Et une révolution qui sortirait de nulle part me semble ressembler à un lapin qui sort du chapeau de la magie, donc une pensée magique.

        Les visées de la communisation me semblent donc à repenser comme théories et comme pratiques au-delà de l’orthodoxie de pensées qui me semblent closes sur elles-même et toutes théoricistes. Le meeting pour moi reste ouvert et toute contribution à la théorisation en pensée et en pratique de la communisation me semble la bienvenue. Et personne n’a de copyright du concept et de la réalité, si elle existe, de la communisation à moins qu’une imposition se fasse.


        • Prolétariat conceptuel- puisque théorique- mais bien réel lorsqu’il met son poing (communisant) dans ’face de son patron conceptualisé., Gros Trognon Petit Tas Mignon, 26 avril 2005

          Ouffffffff. C’était difficile à formuler. J’espère que c’est quand même clair. Pas de doute, le manitou des longues phrases creuses risque de comprendre. D’ailleurs, s’il affirme qu’on commence à se poser de VRAIS questions sur meeting, c’est qu’on doit commencer à se poser de "vrais" questions. Bien sûr, il y a plus de 20 ans que TC, Dauvé, Charrier, et plus encore, se posent des questions... Mais s’ils ont bien intégré le concept réel du prolétaire, c’est qu’ils se sont fourvoyés. Negri et son Empire son beaucoup plus à même de formuler les théories vaseuses d’une humanité-une-multitutisée pateaugeant dans la fosse sceptique du prolétaire en train d’évacuer son irréel matinal. Calvaire, si c’est l’histoire que tu veux marquer d’un anticopyright (qu’est-ce qui est de plus conceptuel qu’un copyright ?) afin de pouvoir y apposer ton empreinte singularisée en la façonnant à ton esthétisme libéral, sache que tu es en train de réussir avec meeting. Dommage qu’il ne soit pas question d’esthétisme dans l’histoire, hélas, sinon tu serais son Picasso. Maintenant, une chance que TC n’a pas copyrighté la communisation, sinon on ne pourrait plus en discuter, pas vrai ?


          • > Prolétariat conceptuel- puisque théorique- mais bien réel lorsqu’il met son poing (communisant) dans ’face de son patron conceptualisé., Calvaire, 26 avril 2005

            Esthétisme libéral ? Causes toujours pour qu’on puisse comprendre... Et le travailleur peut toujours mettre son poing sur la gueule de son patron, cela ne fait pas de lui "le prolétariat comme classe révolutionnaire’’ ? Quant à Negri, je n’ai personnellement rien à foutre avec lui. Chez nous, nous faisons circuler entre autres la brochure anti-negriste de Mutines Séditions car nous nous opposons à celui-ci et à sa clique même s’il nous arrive d’y puiser certains concepts. Mais plutôt chez Guattari que chez Negri. Et toute théorie ne peut être prise comme un dogme absolu, tout est à critiquer à moins de vouloir engendrer des cultes. Quant aux menaces potentielles de ce dernier commentaire, elles font pitié car elles indiquent que la personne n’a pas grand chose à dire.


          • > Prolétariat conceptuel- puisque théorique- mais bien réel lorsqu’il met son poing (communisant) dans ’face de son patron conceptualisé., jef, 27 avril 2005

            la "fosse sceptique", c’est ce que j’ai lu de mieux sur meeting jusqu’ici
            (joke)


      • > le degré zéro de la critique , Hélène, 9 avril 2005

        Bonjour,
        En réponse à Nicolas/Daemon après avoir lu ses propos du 5/04/2005.(classe contre classe).
        J’ai participé à la rédaction(peu) et surtout à l’approbation du tract signé ul Marseille cnt-ait,je ne comprends pas Nicolas/Daemon lorsqu’il parle de relents de gauchisme à propos de ce tract.Durant les grèves de 2003 les camarades qui étaient partie prenante dans les ag,les manifs,les débats avec leurs collègues de travail ont pu vivre les tentatives de manipulation et de récupération des gauchistes,des réformistes,bref de tous les démocrates.Si Nicolas/Daemon parle de programmatisme en citant un tract il ne sait rien du fonctionnement de la cnt-ait,de son non-centralisme- démocratique si cher aux gauchistes.
        Je précise que je ne suis plus adhérente de l’ul Marseille mais celà ne me pousse absolument pas à dénigrer le travail (éh oui !)militant de camarades révolutionnaires ;il en reste si peu.


        • > le degré zéro de la critique , , 10 avril 2005

          peut on etre militant et revolutionnaire ?

          In French, it used to be positive ("militants" were supposed to be dedicated soldiers of the workers’ movement), until the SI associated it with self-sacrificing negative devotion to a cause : this is how we use the term here. (Gilles Dauvé)


          • > le degré zéro de la critique , cain, 17 avril 2005

            peut-on être révolutionnaire ?


        • > le degré zéro de la critique , Daemon, 10 avril 2005

          D’un mot, je réponds à Hélène.

          Ce qu posait problème pour moi, dans le tract de la cnt-ait, c’était son titre, Classe contre classe, et ce qu’il sous-entend : le programmatisme, c’est-à-dire ce que d’autres camardes désigent trè justement comme le programme du mouvement ouvrier classique détruit pas la restructuration : montée en puissance, affirmation de la classe à l’intérieur du capital au travers du parti d’avant-garde et dans la perspective d’une période de transition, étape dans la construction du communisme. Rien de plus, rien de moins.

          Pour le reste, je connais mal le fonctionnement et les stratégies de la cnt-ait età vrai dire, elles ne m’intéressent pas. Il me suffit, au fond de savoir, qu’il se réclament peu ou prou du syndicalisme, donc du programmatisme, et que cela est indépendant de leurs pratiques du moment, et même du contenu théorique qu’ils donnent à leur activité, notamment au refus ou à l’adhesion au centralisme démocratique . Ce qui est plus intéressant, c’est, je crois, que l’activité de la cnt-ait comme celle des autres formes de syndicalisme radical/révolutionnaire démontre précisément l’impossibilité devenue évidente du syndicalisme (l’incapacité à dépasser le stade groupusculaire en serait la preuve - ce "il en reste si peu" d’Hélène, qui sonne comme une nostalgie d’une époque héroïque du mouvement ouvrier) dans le contexte d’un au-delà du programmatisme, c’est-à-dire la communisation, qui ne s’enferme pas, ou pas totalement, dans les apories du démocratisme radical oui même de l’anticitoyennisme.

          C’est pourquoi, eu égard à ce qui précède età cela seulement, je n’ai pas compris -et je ne comprends toujours pas- les raisons de faire figurer ce texte dans la perspective d’une critique (au sens d’analyse) du programmatisme et de ses avatars modernistes autour desquels s’organise le néo-gauchisme.

          Enfin, je n’aurais pas la prétention de qualifier de "gauchiste" le projet de Meeting, que je trouve, somme toute, assez appréciable. Ce que j’ai qualifié, peut-être un peu hâtivement ou sévèrement, de "gauchiste", c’est d’ouvrir leurs colonnes à des initiatives qui, selon moi, n’y ont pas place, parce qu’elles ne s’inscrivent pas dans son cadre théorique (elle sont donc, pour ainsi dire, hors-sujet), et non parce que les militants de ces groupes seraient des "traîtres" ou de "mauvais militants" (tous jugements qui ne prennent sens que dans la concurrence groupusculaire propre à notre époque, celle des tribus et des communautés).

          Ma critique reviendrait finalement à demander aux intervenants de clarifier le projet même de la revue : unifier la théorie en recherchant des bases d’accord entre les différents groupes participants ou rechercher le fracture, le dissension, creuser les différences et les positions afin de transporter la guerre civile dans la théorie.

          Daemon


          • > le degré zéro de la critique , Un promeneur impénitent et égaré, 12 avril 2005

            Mais il est où ce texte ? Les liens hypertextes sont optionnels mais il faut avouer que si techniquement ce site fonctionne à merveille le débat y est particulièrement embrouillé. Cacophonique ésotérique aussi (voir l’article consacré à un dispositif délibéré d’expérimentation en la matière). Tout le reflet de son époque. Les écuries d’Augias. Mais que fait le modérateur ?

            Exposé polyphonique sur la sauvagerie communisatrice de nos vies : au-delà et souvent contre la démocratie directe comme forme autogérée de la domestication

            • > le degré zéro de la critique , Calvaire, 16 avril 2005

              Les insanités écrites par Un promeneur impénitent et égaré qui ne sont porteuses d’aucun argument et qui ne font qu’insulter les gens devraient être combattues car elles nuisent à un véritable dialogue théorique et critique argumenté. Critiquer les textes en argumentant mais les insultes en elles-même ne mènent nulle part.


              • > le degré zéro de la critique , pépé,Marseille, 24 avril 2005

                SVP arrétez de dire ce qui doit figurer ou ne pas figurer sur ce site.... Les débats théoriques supposent parfois un peu d’anathèmes et de vigueur dans l’échange et cela permet souvent de clarifier des positions.... Meme si les sources sont citées, moi, je ne voies pas d’attaques ad hominem dans ce que je lis. Gardons vivante la communication sur un site qui se veut le début d’une démarche à l’intérieur d’un courant au combien flou, aux contours peu précis, peu encadré, peu modéré.... et c’est tant mieux.
                L’assemblée rédactionnelle de fin mai clarifiera certainement le rapport entre l’écrit et le virtuel.
                Personnellement, je ne suis pas particulièrement préssé de voir apparaitre une "ligne politique" claire.
                Je crois que le "bordel organisé", comme la palabre, est consubstanciel de ce que nous cherchons à voir se "précipiter" dans la démarche de Meeting : la communisation.


              • > le degré zéro de la critique , Le promeneur égaré, 25 avril 2005

                Si je me suis égaré, tu veux que je te mène où ? A toi de me montrer le chemin.

                A+


          • > le degré zéro de la critique , , 24 avril 2005

            Bonjour,
            J’ai lu hier seulement la réponse de Daemon à mon message du 9/04/05.En fait j’ai découvert au même moment sur le site et mon texte et celui de Daemon(problème d’administration du forum ?Je ne sais.)
            Pour revenir à nôtre propos,je n’ai jamais eu la nostalgie des sections syndicales et des cortéges bien rangés et si je regrette qu’il y ait si peu de révolutionnaires c’est d’aujourd’hui dont je parle.Meeting est un outil précieux pour ceux et celles qui aimeraient ne plus vivre avec le capitalisme comme seul présent et comme seul avenir mais son audience reste confidentielle et la révolution n’ est pas dans l’air du temps.Quant au programmatisme que tu pointes dans le tract Classe contre classe ce dernier a eu le courage de dénoncer le service public en pleine vague de défense des valeurs démocratiques et de ne proposer rien d’autre que de tout fiche en l’air .Quant au salariat cela fait belle lurette qu’il mine de plus en plus nos vies et qu’être prolos y’en a marre !Pour terminer,TC a régulièrement déposé ses textes à l’ul cnt-ait de Marseille et il le fait encore,et donc leur apport théorique ne m’est pas totalement inconnu
            bien que parfois aride à lire.
            Avec la chair et avec le sang et avec le cœur bien que nous soyons dans le virtuel.
            Hélène


          • > le degré zéro de la critique , , 24 mai 2005

            ’’Ce qu posait problème pour moi, dans le tract de la cnt-ait, c’était son titre, Classe contre classe, et ce qu’il sous-entend : le programmatisme, c’est-à-dire ce que d’autres camardes désigent trè justement comme le programme du mouvement ouvrier classique détruit pas la restructuration : montée en puissance, affirmation de la classe à l’intérieur du capital au travers du parti d’avant-garde et dans la perspective d’une période de transition, étape dans la construction du communisme. Rien de plus, rien de moins.’’

            Ce qui est designe ici comme ’’programmatisme’’ ressemble vachement au bon vieux programme de la sociale-democratie de gauche, puis du marxisme-leninisme. Pourquoi alors ne pas le designer comme tel ? Pourquoi parler de programmatisme plutot que de leninisme ? Si je pose la question c’est qu’apres avoir lu plusieurs des textes de votre courant, je n’ai toujours pas compris la difference entre les 2...


            • > le degré zéro de la critique , Patlotch, 25 mai 2005

              Bon, en deux mots, mais pas déposés au pavillon de la communisation : "programmatisme" a une sens plus large que "programme communiste" de telle ou telle fraction, tendance, du mouvement ouvrier. Il englobe aussi le "conseillisme", dont le "situationnisme" représente l’extrême expression. Le programmatisme est la façon dont on ne pouvait manquer d’envisager le communisme, la révolution, comme affirmation de la classe (ouvrière), du prolétariat contre/dedans le capital, jusqu’au début des années 70. Marx est en partie l’inventeur du programmatisme, et c’est en celà qu’hériter de Marx aujourd’hui suppose aussi de rompre avec lui en certains points du dépassement de la contradiction de classe, ses restes de dialectique hégélienne.

              Critiquer le "programmatisme" ce n’est pas, ou pas seulement, critiquer des "erreurs", mais une conception du communisme et de la révolution liées à un état, une phase historique de la contradiction capital-prolétariat ou celui s’affirmait en tant que négation du capital dans le capital : un cycle de lutte entre ’domination’ formelle (capitalisme partiel définissant les rapports de productions nouveaux et s’imposant comme mode de production), et ’domination’ réelle (capitalisme déterminant tous les rapports sociaux, y compris hors production, hors sphère de l’exploitation et de la production de plus-value : donc rapports de domination, mais sur la base de l’exploitation).

              Clairement, le programmatisme, ce n’est pas simplement la définition d’un programme d’action (a fortiori de gouvernement) d’un parti ou d’une alliance populaire, c’est l’idée même qu’on puisse "programer" la réalisation du communisme : faire un projet et le mettre en oeuvre. C’est une remise en questions de la relation théorie-pratique qui dépssae le B.A.BA dialectique. De ce point de vue, les théoriciens de la communisation sont en phase avec l’état actuel des considérations sur la science, la remise en cause de la causalité linéaire, et en avance sur les considérations croisées de la dialectique comme grand mécano des contradictions (Sève poussif à dépasser le diamat) et les théories de la complexité (qui s’enlisent dans un tout est dans tout évacuant la problématique de classe)

              En d’autres termes, le mouvement ouvrier n’a pas eu, historiquement, d’autres choix, dans les conditions déterminées du 19ème et de la première moitié du 20ème siècle. Simplement, il s’est fait piégé sur le terrain de l’adversaire, et nous n’en sommes pas sortis. Il ne s’agit donc pas simplement de condamner le léninisme, ou le conseillisme, mais de saisir que la contradiction de classe aujourd’hui détermine une autre donne historique : le prolétariat ne peut plus s’affirmer en tant que tel contre le capitalisme, mais doit admettre que sortir du capitalisme, c’est se remettre en cause comme prolétariat (et en particulier comme salariat). D’où la thèse du dépassement produit, sur la base des luttes de classe revendicatives, débordant leurs limites dans le cycle de luttes actuel, que justifie et met en forme le démocratisme radical, l’idée d’une alternative anticapitalisme à étapes (pour l’essentiel étatiques).

              Un petit problème des héritiers de Marx aujourd’hui, c’est d’être tout à la fois pré-marxien -sur la question de l’individu, de la société civile, de la démocratie, du peuple etc... (on pourrait aligner toute la production du retour à Marx depuis dix ans qui focalise là-dessus, Abensour, Rancière, Abensour...), et d’ignorer les limites de Marx relativement au concept de programmatisme, cad in fine et concrètement, d’aborder de façon objectiviste la question du "parti", et ce qui s’en suit pour la posture militante, qui n’est rien moins à mon sens que religieuse (suffit de voir les contorsions de l’athéisme sur la question du voile, pauvre du Marx des Thèses sur Feuerbach...). C’est terrifiant car le militantisme marxiste dominant demeure pré-nietzschéen, et pré-freudien... ce qui n’est pas prôner un freudo-marxisme, mais simplement considérer le gouffre entre problématique révolutionnaire (fondée sur la contradiction de l’exploitation, la création de valeur etc) et discours des orgas prétendant la porter, l’objectivisme etc.

              ceci sous le contrôle des masses communisantes...

              Patlotch, 25 mai


  • Meeting, chapelle ou lieu d’élaboration théorique ?, Calvaire, 5 avril 2005

    Meeting, chapelle ou lieu d’élaboration théorique ?

    De plus en plus de lettres d’insultes sont publiées à titre de contribution théorique sur le site de Meeting faisant de celui-ci une joute de coqs plutôt qu’un lieu d’élaboration théorique. Les Marceau (son texte) et Potlatch (surtout dans un commentaire mais indirectement dans son texte aussi) ne font que réaffirmer les dogmes técéistes ou de l’Invite de la religion de la communisation s’affirmant contre toute mise en doute radicale des théories rigides de l’Invite ou surtout de R S, faisant de lui une autorité sacrée : le pape de la communisation. À partir de lui, on prononce des excommunications contre ceux et celles qui comme moi élaborent théoriquement autrement et en remettant certaines des thèses de Meeting et surtout de TC en question en les traitant de gauchistes sans définir ce que veut dire gauchisme et sans prendre en compte la critique historique que je fais du gauchisme dans certains textes. Tout ce qui est défendu est une fausse orthodoxie contre laquelle Meeting s’affirme : Nous n’avons pas vocation à « écrire » cette revue tous seuls. Pour cela, nous voulons faire « travailler » ces textes à leur propre dépassement, à leur approfondissement, à travers la confrontation et la reconnaissance mutuelle ; ainsi qu’à partir des productions théoriques nouvelles ad hoc, suscitées par leur rencontre dans la revue.

    Si j’ai décidé personnellement de participer à Meeting, c’est à la suite de l’article de Trop loin Communisation : Un ’’Appel’’ et une ’’Invite’’. Me situant à mi-chemin entre les thèses de l’Appel et celles de la communisation manière R.S. ou C .C ., j’ai répondu à l’invitation du croisement entre ces deux tendances que Trop loin appelait à se rencontrer. Je pensais que la revue était ouverte à la critique et à l’élaboration théorique au-delà du dogme, de l’orthodoxie, de la chapelle TC-La matérielle (Trop loin ayant décliné l’Invite), du cercle restreint : Nous n’avons pas vocation à « écrire » cette revue tous seuls.

    Mais bon, je remets en question moi-même ma participation maintenant puisque l’orthodoxie se fait sentir et que la théorie disparaît dans l’insulte :

    "Tous ces petits textes répétitifs et grandiloquents prennent l’allure d’un dumping qui modifie radicalement , ce que je comprends être, le but de la discussion lancée par TC, La Matérielle, Trop Loin etc. Je ne prétends pas à la connaissance profonde du matérialisme historique, de la dialectique que le dénommé « calvaire » veut refonder, recuire et digérer (comme tant de fois ces néo-étudiants de Jussieu, par exemple, s’y sont essayé dans la foulée des Bourduiseries et autre) ; mais la vacuité de ce genre de prétentions sont bien connues et fonde surtout un immédiatisme à la recherche d’une énième idéologie au goût du jour.
    Je ne tiens pas à entrer dans une polémique ad hominem mais j’estime que ce site mérite mieux que toute cette logorrhée post ceci ou cela."

    Que fait-on avec la théorie, les arguments théoriques, les analyses sociologiques dans ce genre de propos ?

    Enfin, vous êtes libres de voir dans votre cercle restreint ou pas, ce que vous voulez. N’ayant ni argent, ni possibilités de venir, je ne serai pas à votre assemblée rédactionnelle. À vous de m’excommunier ou de continuer l’élaboration commune. Salutations en passant aux élaborations divergentes de R. S. (dans son texte Unification du prolétariat et communisation) ou encore de C.C. (dans La communisation… point d’orgue). Là l’échange théorique est à son meilleur et c’est très inspirant.


    • > Meeting, chapelle ou lieu d’élaboration théorique ?, , 6 avril 2005

      Bon… Voilà–t–y pas que maintenant TC et la Matérielle fondent une nouvelle Église œcuménique (après le schisme) avec RS et CC (St. Pierre et St. Paul ?!) comme prophètes simultanément voués aux gémonies de l’orthodoxie et salués pour l’inspiration divine qu’ils apportent au débat !!!!!!!!!!!

      À part ça, en reprenant les termes de l’Invite, tu mets aux pieds du mur (des lamentations ?)
      le collectif.


    • > Meeting, chapelle ou lieu d’élaboration théorique ?, Patlotch, 6 avril 2005

      Ecoutez, cher Calvaire, j’ai découvert ces courants théoriciens depuis trois mois. J’ai lu pas mal de textes en ligne, et je me suis forgé une opinion en tâchant de cerner les problématiques. Il me semble que dans ce milieu un certain nombre de points sont actés, partagés ; d’autres en débat, parce qu’ils dépendent aussi des choses de la vie, de ce qu’elle peut confirmer, infirmer, découvrir, inventer... Théorie communiste et le livre de Monsieur Simon me semblent effectivement les éléments les plus rigoureux pour définir un certain nombre de concepts ou notions et les faire vivre, c’est-à-dire les utiliser, les faire évoluer de façon critique : sinon, à quoi bon ? J’ai néanmoins mes propres questions et j’aurai sans doute l’occasion d’y revenir.

      Quel peut être l’intérêt de ce site, qui n’est pas la Revue, et ne peut fonctionner comme une Revue ? Sans doute de faire connaître ce corpus théorique avec plus de lisibilité (TC est un foutoir, c’est dommage), et ses questions en suspens, qui dépendent de cette connaissance a minima, sinon c’est n’importe quoi, ce qui menace tout forum.

      Personnellement je souhaiterais, d’une part, plus de sélectivité dans ce qui est mis en ligne comme "contribution", pour la clarté de positionnement du site et de la revue, et d’autre part plus de discussions dans la partie débat, y compris davantage de réponses aux simples questions parfois posées. Les deux relèvent à mon sens de statuts différents, sans positionner pour autant les responsables du site en "maîtres à penser". Je devrais sans doute argumenter où je n’ai fait que résumer mon appréciation : je ne trouve pas dans vos interventions la manifestation claire du débat sur la base de cette connaissance et des questions ouvertes, et d’autres l’ont exprimé à leur manière.

      Il n’est tout de même pas difficile d’assumer ses positions sans que soit pris comme une remise en cause personnelle ou une position dogmatique, car il vous arrive plus d’une fois d’affirmer un accord là même où vous manifestez de fait un flou ou un désaccord. Ce n’est pas grave en soi mais peu susceptible d’éclairer les passants curieux, qui ne peuvent que s’y perdre, sauf à être très sérieusement motivés (sélection naturelle ? ;). Il me semble qu’il y a avant même la question d’accords ou de désaccords un simple problème intellectuel : savoir de quoi l’on parle, à partir de quelle base une élaboration commune est souhaitable (?) ou possible.

      Je ne crois personnellement pas à la structuration possible du cercle théoricien en collectif homogène, je vois pas mal d’inconvénients à parler de "courant communisateur", sauf à définir "communisation" autrement qu’en tant que dépassement des limites produisant la révolution communiste... Je n’ai pas compris tout ce qui oppose les uns et les autres, mais je vois bien qu’il y a de vieilles histoires de familles qui tendent à alourdir les questions de fond. Au-delà de la nécessité de comprendre la genèse, ce qui a son importance, de cerner les questions en cours, cela risque effectivement davantage de favoriser les étiquetages en chapelles, et sans doute le moment est-il venu de passer à autre chose... et d’étendre le champ de ceux qui veulent avancer en tenant un certain nombre de points pour acquis. Je suppose que le besoin de clarté existe, tant pour les contributeurs que pour les lecteurs, ce qui justifierait peut-être une clarification de la part des initiateurs. Sinon, j’ai vu quelque part l’affirmation qu’on ne serait guère plus avancé que le Marx des Luttes de classes en France (ce qui est vrai, au demeurant, c’est que pas mal de "communistes" estampillés sont plutôt en-deça...) : dans ces conditions, effectivement, il serait urgent d’attendre en bavardant, et je choisirais plutôt d’aller cultiver mon jardin des lamentations.

      Cela dit, je ne suis pas venu ici pour provoquer des déchirements pathétiques, mais bon... quand j’ai découvert les contributions, j’ai eu un peu de mal à trouver la cohérence.

      "Gauchisme" renvoie il me semble explicitement aux positions politiques militantes*, et donc à leur inscription, au sein du ’démocratisme radical’, dans une possible transcroissance des luttes revendicatrices, une surenchère radicaliste ou rupturiste dont je ne pense pas qu’elle soit compatible avec l’analyse générale du cycle de luttes, et celle de la restructuration capitaliste : la question est donc ici « ces points sont-ils partagés ou non ? ». "Gauchiste" n’est donc pas une « insulte » mais la caractérisation d’une posture militante ou théorique qui me semble incompatible avec la base de partage telle que je l’ai saisie : de façon trop étroite ? Le problème, c’est qu’à partir de là, il y a de fait plusieurs acceptions conceptuelles de "communisation", et cela ne me paraît pas sain, pour identifier une revue ou un site, pour faire avancer le schmilblick théorique, pour solliciter des contributions diversifiées s’inscrivant dans les problématiques ouvertes.

      * il est vrai que je partage, par expérience, la critique de l’objectivisme et du subjectivisme de cette posture, mais cela ne va pas sans questionner le "que faire ?"

      C’est pour l’heure, ma position, et je ne pense pas qu’elle définisse un dogmatisme, mais un indispensable tranchant, sauf à ne rien tenir pour acquis, à tourner en rond en marchant sur du sable.

      Je précise à toutes fins utiles qu’à ce jour, je n’ai pas eu de contact avec les personnes s’exprimant ici, dont je ne connais que des textes, des noms ou des initiales.

      Patlotch, 6 avril, 19h14


      • Le livre de R.S., Petit Trognon Mignon, 22 avril 2005

        Ça y est, avec toute votre séléctivité, est-ce que "Fondement critique" va maintenant devenir le programme de la communisation ? Bah là, la boucle est bouclée et c’est l’heure du dodo !