Silence sur Gaza… – Bernard Lyon

samedi, 10 janvier 2009

On a beaucoup parlé de l’élection d’Obama, on a beaucoup plus parlé des émeutes en Grèce mais nous ne disons pas un mot de la guerre à Gaza pourquoi ?

Est-ce parce que ça ne nous concerne pas ? Parce que ça n’a aucun intérêt « du point de vue de la révolution ». On peut le dire mais je pense qu’on sent bien que ce n’est pas la vérité, que l’importance de ce rebond de la guerre de Palestine nous gêne ou peut être pire nous angoisse.

Cette nouvelle guerre nous angoisse parce que les prolétaires de Gaza se font massacrer et n’ont aucune possibilité d’échapper au piège dans lequel ils sont, ils ne peuvent que « choisir » de mourir sous les bombes israéliennes ou au combat avec le Hamas, ils ne peuvent même pas déserter la bataille ils sont enfermés dans un champ de tir, ils ne peuvent pas s’insurger contre leur propre camp qui les tient en otages. C’est la tragédie absolue il n’y a rien à espérer, Obama laisse Bush endosser l’affaire il n’y a que notre clown national qui en profite pour faire son show pitresque.

Cette horreur nous, nous terrorise parce que nous y voyons quelque chose qui pourrait se répandre dans le monde avec la crise catastrophique du capital (encore à venir), les fractions capitalistes de tous ordres étatiques ou non pourraient bien se jeter les unes contre les autres sans qu’une issue communiste ne s’ouvre.

Attention ceci n’est pas une analyse, tout ce que je pense me fait dire que cette catastrophe est impossible qu’elle nie la contradiction des classes, que Gaza n’est strictement pas représentatif de la situation dans le reste du monde ; mais pourtant dans sa spécificité de ghetto à prolétaires surnuméraires Gaza est aussi paradigmatique de la restructuration en abîme du capital et c’est pour cela, qu’au fond, on n’ose pas y penser on détourne les yeux, car nous y verrions un avenir inenvisageable.

BL, samedi 10 janvier 2009


5 Messages de forum

  • Silence sur Gaza... 10 janvier 2009 11:11, par Pépé

    Le billet de BL sur Gaza, excellent.
    En outre je ne pense pas qu’il y ait de contradiction entre cet "avenir" et la contradiction des classes, celle-ci inclut surtout s’il s’agit de la suppression de toutes les classes toutes sortes de conflagrations. J’ai toujours pensé sans jamais l’écrire qu’une révolution communiste peut être la seule situation rationnelle pour la classe capitaliste de l’utilisation de l’armement nucléaire.
    R.S

    • Silence sur Gaza... 10 janvier 2009 11:16, par Pépé

      Bonjour, ça fait plaisir de ne pas se sentir seul à penser se qu’écrit BL
      Rien de plus à rajouter, si ... Merde à cette société.
      CLN

      • Silence sur Gaza... 10 janvier 2009 11:44, par Pépé

        Dans le contexte, il faut absolument lire :
        "A fair amount of killing" et aussi « Moyen Orient 1945 – 2002 Histoire d’une lutte de classe » (si on a plus de temps...)

        • Silence sur Gaza... 10 janvier 2009 14:21, par patlotch

          Effectivement, je l’ai rapporté du Summermeeting, et je dois dire que c’est bien la seule lecture qui m’ait aidé à y comprendre qc au fond, d’un point de vue de classe. Cela étant, j’ai un peu de mal à replacer ce qui se passe aujourd’hui dans la suite de cette analyse incontournable. Peut-être parce que dans la globalisation, on est de moins en moins face à un enjeu régional, analysable d’un point de vue géo-stratégique, et qu’en même temps, l’appréhender comme un "événement mondial" nous porte à l’angoisse dont parlait Alain.
          On n’a pas trop envie que cette perspective se généralise, et pourtant, ici ou là dans le monde le risque ne semble pas écarté (il y a des lieux de massacre qui nous font encore moins parler que Gaza). Pour un peu on serait dés-orient-é, parce que oui, c’est terriblement bloosy-bloodie...
          Vl’a un morceau de prolétariat qui ne fait pas dans l’auto-destruction volontaire... Le communisme ou la mort ?

          Patlotch

          • Silence sur Gaza... 11 janvier 2009 14:24, par Patlotch

            Précision

            "Je l’ai rapporté du Summermeeting", il s’agit du livre " Moyen Orient 1945 - 2002, Histoire d’une lutte de classe "

            Quant à la chute, il faut lire avec des guillemets " Le communisme ou la mort ", détournement de la formule de Fidel Castro " Le socialisme ou la mort ", mais surtout questionnement sur la sortie du capitalisme, dans la mesure ou le chaos n’est pas moins improbable que le communisme, et où celui-ci (nous) apparaît comme la seule possibilité de sauver le vivant - au-delà de la stricte "humanité" et même de la considération de son "environnement naturel" : la totalité n’est pas centrée sur l’homme dans une définition intemporelle, mais invite à sa métamorphose au sein du vivant. Cela peut renvoyer à Camatte, mais sans court-circuiter la communisation, moment révolutionnaire spécifiquement destructeur du capital, qui détruit la totalité.

            En d’autres termes, la révolution ne se fait pas à titre humain, parce que le dépassement du capital, qui détruit tout, suppose l’auto-destruction du sujet prolétarien, mais aussi l’auto-destruction du sujet "homme" et de sa vision auto-centrée du rapport à la nature - cela englobe naturellement la question du genre, mais celle-ci ne doit pas être perçue comme strictement interne à la problématique humaine (au "genre humain"). C’est pourquoi la théorie doit encore approfondir cet aspect de la question révolutionnaire, et de ce qu’elle détruira, protègera, transformera...

            Voilà le sens de le ’ "le communisme ou la mort" ? ’

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Craftwork
Jan 4 2017 22:44

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