La communisation... point d’orgue - C. Charrier

dimanche, 3 avril 2005

Nourries par les forums de discussion, les différentes contributions proposées pour le numéro 2 de Meeting donnent à voir la plus grande confusion... Voilà de quoi fournir des arguments à qui dénigre le projet et accentuer les doutes qui ont pu être exprimés. Tant pis ou tant mieux. Est-ce une raison pour faire le ménage ? Il faudrait pour cela que nous soyons en mesure de balayer d’abord devant notre porte et ne pas nous contenter d’une gloire vite acquise. Pôvre communisation... Tu voulais être une symphonie, on te fait polyphone et tu te retrouves cacophone. À qui la faute ? Certainement pas aux partisans de « la sauvagerie communisatrice de nos vies » et autres tenants du « on arrête tout et on communise » qui ne font que s’engouffrer dans les limites de la dite communisation.

C. Charrier
avril 2005

1. La communisation en question

Pourquoi et comment peut-on parler aujourd’hui de la « révolution comme communisation immédiate de la société capitaliste » [1] ? Pourquoi le discours « communisateur » rencontre-t-il aujourd’hui un écho non seulement en France (sa « terre d’origine ») mais encore en Italie (Alcuni fautori della comunizzazione - Quelques partisans de la communisation) au Québec... en général au-delà du petit cercle de la critique de l’ultra-gauche au sein duquel cette appréhension nouvelle de la révolution a pris corps au milieu des années soixante-dix ? Pourquoi cette notion en vient-elle à « faire débat », comme on dit, aujourd’hui, trente ans après, jusqu’à constituer aux yeux de certains un nouveau courant théorique dit « communisateur », précisément, ou la théorie d’une période originale de la lutte de classes, un « parti » théorico-politique, une nouvelle idéologie de la révolution avec son mythe fondateur, une nouvelle bannière pour les révolutionnaires actuels ? Un certain Potlach a même ouvert un site entièrement dédié à la gloire de la communisation [2]... Cette « sortie de la clandestinité » de la théorie de la révolution existe bel et bien et, que ce soit pour s’en réjouir (sûrement trop vite) ou s’en méfier (peut-être trop tôt) on ne peut faire l’économie d’une interrogation sur son sens.

Nous avons écrit dans l’Invite à Meeting que le but de la revue est d’« explorer les voies de la communisation » (pt. 5) : je crois que tout le mal vient de cette formule expéditive est un peu racoleuse et qui suppose surtout que le résultat de la chose est déjà acquis, et de l’affirmation selon laquelle « d’ores et déjà un courant communisateur existe au travers d’expressions théoriques diversifiées et de certaines pratiques dans les luttes actuelles. » (pt. 3) - bien sûr, c’est du point de vue des pratiques que les choses se compliquent tout de suite (c’est là-dessus que trop loin [3] et Danel [4] ont tout de suite pointé leurs critiques). Lequel redoute que l’on se contente de « raisonner comme si la notion de “courant communisateur” ne faisait pas problème », de « l’abstraction la plus générale du processus de la communisation et d’une définition très politique du sujet communisateur », pour conclure : « je crains qu’on ne construise un sujet révolutionnaire ad hoc pour les besoins de la problématique fondatrice de la revue » [5]. À part ça, actuellement, seule Théorie communiste est capable de rendre compte théoriquement et de manière cohérente de l’existence pratique d’un courant communisateur au travers de sa thèse selon laquelle « dans la période actuelle (...) être en contradiction avec le capital c’est être en contradiction avec sa condition de classe » [6] ; ce qui suppose bien sûr toutes les médiations inhérentes au corpus técécien - à commencer par la théorie de l’achèvement de la « restructuration du capital » en ce qui concerne la période actuelle : « il nous semble impossible de parler de communisation sans parler de restructuration et de nouveau cycle de luttes. » [7]

L’exploration tout de go des voies de la communisation, dans laquelle chacun s’est lancé comme dans une vente promotionnelle ou une opération de propagande - qu’il s’agisse de faire de la communisation le socle d’une théorie nouvelle de la révolution ou le débouché de corpus existants - fait l’économie des supposés de son objet et de ses origines, sur la base d’une apparente évidence de la chose portée par sa diffusion inhabituellement rapide et l’adhésion qu’elle rencontre. Le résultat de ce pseudo consensus autour de ce qui n’est pas loin de devenir une « marque » théorique, ou mieux idéologique [8], est la cacophonie actuelle que les matériaux proposés pour le n.2 de la revue donnent à entendre. Je ne crois pas que tout ce bruit fasse avancer la cause de la théorie de la révolution... Il ne s’agit pas de regretter ou de dénoncer l’hétérogénéité, le manque d’unité, du discours actuel sur la communisation, encore moins de pointer du doigt les « mauvais » communisateurs, ceux qui défendent une si belle chose avec de si mauvais arguments... mais d’alerter sur un « écart de conduite » théorique possible général : « La tâche de l’heure, comme l’écrit trop loin, n’est pas d’organiser une expression commune, ni des argumentations qui se croisent sans se rencontrer, mais d’approfondir nos présupposés particuliers en admettant et en intégrant leur inachèvement, et de les confronter aux faits qu’ils analyses. » [9] ou, comme l’écrit F. Danel « d’approfondir nos doutes, nos divergences, pour produire ensemble son anticipation-approximation théorique juste [de la révolution]. » [10]

Ce qui a été écrit jusqu’à présent n’est pas sans intérêt. La notion de communisation, qu’elle soit utilisée de manière négative pour critiquer Meeting en rejetant le projet de revue lui-même (trop loin) ou pour émettre des doutes sur sa pertinence (Danel) du point de vue de ses attendus, ou de manière positive chez les autres rédacteurs, lorsqu’elle fonctionne comme un opérateur théorique (hypothétique) permettant de critiquer, de préciser ou de recadrer un matériel existant, ou simplement de se poser des questions, agit effectivement comme un concept exploratoire légitime, ou comme un « marqueur » théorique (non comme une « marque »). Ceci simplement parce que sa prise en compte oblige à regarder la réalité immédiate en face, dans sa trivialité et à l’accepter comme telle (plus encore si l’on parle de la communisation comme révolution de la société) : le texte de R. Simon sur l’Argentine, par exemple, proposé pour le n.2 de la revue, à propos de l’« autonomie réelle » des piqueteros est particulièrement convaincant. Mais dans ce cas la communisation ne peut être que l’ « éléments » ou l’« horizon » d’un discours sur autre chose qu’elle-même et non un sujet en soi, finalement un « sujet de dissertation » ou un exercice d’école obligé pour que s’ouvrent les colonne de Meeting.

Il me paraît difficile immédiatement de dire autre chose de positif sur la communisation que ce que l’on en sait depuis le milieu des années soixante-dix : la critique de la révolution comme affirmation du prolétariat, c’est-à-dire de la période de transition ouvrant la voie à la communisation de la société au travers de l’effacement progressif de l’État et de la loi de la valeur, sinon pour opérer une dénonciation des théories actuelles de l’autonomie prolétarienne ou de l’alternative révolutionnaire. Ceci a son utilité, mais pour le reste (l’abandon de la théorie des classes et la remise en question de la classe prolétaire dans sa « dissémination » au profit des « multitudes », les plans pour le Grand Soir de la Grève générale... à la communisation généralisée) on ne peut se contenter de le considérer comme un mal nécessaire dans le grand tout symbiotique de la communisation, impliqué par l’idée même de celle-ci, même si on reconnaît que cela pose quelques questions à la théorie de la révolution : « explorer les voies de la communisation », ce doit être, simultanément, explorer les voies de l’exploration ou, comme cela a été dit plus haut, explorer de manière critique les présupposés et les origines de la théorie de la révolution comme communisation de la société.

Ce « programme bis » ne remet pas en question le programme initial de Meeting - Revue internationale pour la communisation ; il ne fait que l’ajuster afin que la revue ne devienne pas un forum de propagande de la communisation dans ses alléluia œcuméniques. Plus important, au-delà de ce qu’il peut advenir de la revue elle-même, afin que la théorie de la communisation comme révolution de la société, c’est-à-dire comme processus de destruction des classes du capital que sont la classe prolétaire et la classe capitaliste, soit effectivement en mesure de répondre aux enjeux de la période qui s’est ouverte à la fin des années quatre-vingt. Comme l’écrivait Engels après 1848 : « Si donc nous avons été battu, nous n’avons rien d’autre à faire qu’à recommencer depuis le début... » [11] Or, le début de la communisation se trouve dans la Théorie du prolétariat telle qu’elle s’établie entre la fin des années soixante et le milieu des années soixante-dix.

« Aucune question concernant les luttes actuelles ne peut être abordée sans référence au travail effectué dans cette période où le basculement dans une autre époque était le quotidien. » [12]

2. La Théorie du prolétariat en question

« La théorie de la révolution comme communisation immédiate de la société (sans période de transition) est le principal acquis du cycle théorique désormais clos de la théorie postprolétarienne de la révolution. » Cette thèse de la Matérielle [13] a pu être reprise, mais elle l’a été sans considération du caractère historique de cet acquis, c’est-à-dire dans l’absolu, et sans considération pour son contexte ; ce qui autorise à l’accommoder à toutes les sauces de manière totalement acritique. - Pour enlever toute ambiguïté disons tout de suite que critiquer la Théorie du prolétariat ne revient pas à enfourcher les allégations sur la disparition de la classe prolétaire et abandonner la théorie de la lutte de classes, bien au contraire.

Explorer les voies de l’exploration, cela revient donc à explorer les voies théoriques de la communisation dans la Théorie du prolétariat, c’est-à-dire :

la définition des classes comme définition du prolétariat : « Si l’on ne définit pas les classes et principalement le prolétariat, on masque la nécessité à partir du capitalisme même, du communisme (...) » [14] ;
la périodisation du mode de production capitaliste en « domination formelle » : « première phase historique où le procès de valorisation ne domine pas encore réellement et totalement le procès de travail et où le mode de production capitaliste n’est pas encore implanté à l’échelle universelle sous quelque forme que ce soit (... ) », et « domination réelle » du capital, « deuxième phase historique où cette domination est effectivement réelle sous diverses formes (...) » [15] ;
cette seconde voie implique les modalités de la critique du paradigme ouvrier de la révolution comme « la perspective envisagée par Marx (...) celle d’une révolution dans la domination formelle du capital. » [16]

La critique de la première voie porte sur la réduction de l’approche des classes capitalistes au seul prolétariat ; celle de la seconde sur le fait de placer sur un même plan historique - comme deux périodes également définitoires du mode de production capitaliste - la subordination formelle du travail sous le capital et la subordination réelle, ce qui implique immédiatement le concept même de capital..

Aujourd’hui, cette exploration des voies théoriques de la communisation dans la Théorie du prolétariat aboutit logiquement à s’interroger sur la nature de la « période actuelle » et donc sur les transformations subies par le régime d’accumulation capitaliste et la lutte de classes, ce qui n’est pas indifférent à la communisation dans le cas où, comme l’écrit trop loin (pour le dénoncer), celle-ci renvoie non pas simplement à « un processus concret de transformation communiste de relations sociales » mais « définit une époque entièrement nouvelle, celle de la révolution enfin possible-nécessaire » [17], par rapport à la période précédente marquée par sa défaite et son devenir contre-révolutionnaire ou son impossibilité.

Toutes ces interrogation sous-tendent les questions posées au début de ces lignes et, au-delà, le sens que l’on peut donner à ce qui n’est encore qu’une formule : la communisation comme révolution de la société capitaliste.

a suivre . . .

[1] Il me paraîtrait préférable d’inverser la formule en « communisation comme révolution de la société » afin d’éviter au moins déjà sur la forme toute ambiguïté immédiatiste et/ou alternativiste sur le fond.

[2] Ce site n’est apparemment plus disponible sur Internet. Peut-être que notre afficionados s’est rendu compte qu’il s’était fourvoyé...

[3] Communisation, mais..., K. Nésic, extrait de l’Appel du vide trop loin 2004, reproduit dans Meeting n.1, p. 26 et Communisation : un « Appel » et une « Invite », in lettre de trop loin, n.4, juin 2004.

[4] Peut-on vraiment parler de « courant communisateur » ? in Meeting n.1.

[5] Op. cit., p. 6.

[6] B. Lyon, Sur le courant communisateur, Meeting n.1,p. 17.

[7] Théorie communiste, n.16, mai 2000, p. 11.

[8] Je reviendrai sur ce terme que je n’emploie pas ici dans son sens péjoratif de mensonge et de « fausse conscience ».

[9] Communisation : un « Appel » et une « Invite », in lettre de trop loin, n.4, juin 2004, p. 17.

[10] Théorie Communiste, n.17, septembre 2001, p. 127

[11] Révolution et contre-révolution en Allemagne, cit. in J. Camatte, Origine et fonction de la forme parti, « Forme et Histoire », éd. Milan, août 2002, p. 44.

[12] Rupture dans la théorie de la révolution, Textes 1965-1975, éd. senonevero, Paris 2004, 4ème de couverture.

[13] Numéro 1, novembre 2002, in la Matérielle volume I (Novembre 2002-Octobre 2003), janvier 2004, p.8 § 8. Je reviendrai sur le terme de « théorie postprolétarienne » et sur ses limites. Je parle désormais de Théorie du prolétariat.

[14] Intervention communiste n.2, décembre 1973, les Classes, A) Définition des classes, in Rupture... op. cit., p. 451. je souligne.

[15] Négation n.1, septembre 1972, le Prolétariat comme destructeur du travail, in Rupture... op. cit., p. 289.

[16] Invariance, n.2 série 11, 1972, p. 13.

[17] Op. cit., p. 18-19.

Commentaires :

  • > La communisation... point d’orgue, Patlotch, 4 avril 2005

    Je suis l’incertain Patlotch (et non Potlatch, mais peu importe), qui aurait « ouvert un site entièrement à la gloire de la communisation ».Non, je n’ai pas ouvert un site, j’ai consacré dans la rubrique politique de mon site des pages à ce "courant d’idées", alors que depuis près de trois ans j’ai produit quelques textes dont j’ai considéré après coup qu’ils s’inscrivaient, même critiques, dans le "démocratisme radical", d’un point de vue prétendant hériter de Marx, et bien que cherchant à relancer la problématique révolutionnaire du communisme.

    J’ai donc, dès lors que j’ai découvert les idées de "communisation", lu le volume 1 de la Théorie du communisme de Roland Simon, considéré que cela était suffisamment puissant pour changer fondamentalement mon point de vue. C’est la raison pour laquelle je me suis fais le relai de ce corpus d’idées, et de quelques textes qui me semblaient présenter les jalons essentiels de toute cette histoire, largement méconnue. Je m’en suis tenu à cette présentation d’emprunts, car à ce stade, je ne sens pas capable de disserter sur ce que j’ai moi-même assez de mal à maîtriser. C’est d’ailleurs pourquoi -je l’ai dit dans une intervention hier- je ne comprends qu’on laisse ici galvauder un trésor ’théorique’ (au sens de trésor de guerre, pour la faire), par toutes sortes de considérations qui n’ont pas grand chose à voir, et qui noient le poisson, ou le bébé... Il est sans doute de la nature de toute pensée forte que d’être aussitôt déformée et accommodée à toutes les sauces, "vulgaires" ou pas ; mais dans la mesure où nous sommes ici dans un lieu de diffusion géré par les initiateurs, pour ne pas dire les théoriciens à l’origine de ce corpus, j’imagine mal qu’ils acceptent ici-même que ça partent dans tous les sens, et non-sens : aussitôt connu, le concept de communisation et ce qui va avec (j’entends les acquis et les questions ouvertes), subirait donc à vitesse accéléré le sort du non-marxisme de Marx.

    Maintenant, la question du "Que faire", ou du moins du "qu’en faire" est tout de même posée, sauf à envisager de la conserve pour des jours meilleurs. Que le statut de cette "théorie" soit particulier, et bouscule la notion même de théorie est une chose : "luttes théoriciennes" etc. Il n’empêche qu’elle mène sa vie en tant que telle depuis un certain temps, et que la porter à connaissance sur Internet n’est pas un geste sans conséquence, sans effets, et sans responsabilités nouvelles pour ceux qui l’ont décidé. Il me semble qu’il y a suffisamment de blé à moudre dans le cadre des questions "réglées" comme des questions ouvertes dans le cours des choses et de ce cycle de luttes pour que les interventions ici puissent en rendre compte sans sortir des problématiques, avec un minimum de "service après-vente" pour recadrer ce qui mérite à l’évidence de l’être.

    Comment interpréter ce qui se passe avec la sortie de la clandestinité de ces idées ? Je vois deux aspects :

    1) ce qui est ’vrai’ finit toujours par se savoir, il n’y a donc pas de raison de s’en plaindre. Cela tient à cette interprétation du passé et du présent dans une cohérence à couper le souffle à tous ceux qui essayent de comprendre ce qui s’est passé et où nous en sommes : cela rend compte et c’est énorme, c’est cela qui séduit d’abord, en particulier ceux qui n’acceptent pas le bradage de la théorisation révolutionnaire, dont je suis. Il y a donc un véritable choc théorique, à ne pas négliger. C’est plutôt un encouragement, non ?

    2) il existe une attente, parce que l’altermondialisme, les grenouillages à gauche de la gauche et les repositionnements accélérés (de la LCR, du PCF et de toute la diaspora ’communiste’ y compris une bonne part des anars etc.) ne satisfont pas les révolutionnaires : le démocratisme radical amène à de grands écarts pour abandonner le programmatisme, et pour certains ça ne passe pas comme une lettre à la poste. Il y a donc des personnes disponibles pour faire autre chose que ce qui est proposé par le militantisme radical. Les idées présentées ici répondent au moins au niveau d’une explication, lumineuse pour qui se donne le moyen de les comprendre. La difficulté, c’est qu’il n’y a rien de "militant" à en faire, sauf à le déformer, et c’est sans doute là que réside la difficulté une fois que ces idées sont diffusées, dans la contradiction entre pertinence critique, et saisie des moments où la connaissance de cette théorie peut changer la posture dans une situation donnée, de luttes, ou au demeurant d’absences de luttes. Cela génère un rapport au temps politique qui n’est pas celui auquel sont habitués les militants le nez collé sur l’événement : un nouveau rythme, un apprentissage de la patience, qui n’est pas celui des petits pas, des étapes, des compromis, de la "transcroissance possible"...

    A mon avis, cela milite donc d’abord pour faire connaître clairement le corpus d’idées de la Théorie communiste, et je ne pense pas qu’une revue, ou un site, puisse être utilisés à autre chose, même si cela déplace le coeur de la pratique théorique en la confinant au discours.

    Maintenant, si chaque fois qu’un inconnu s’intéresse à vos idées, vous commencez par vous demander "qui c’est çui-là", en retenant votre bébé comme une mère poule, je ne donne pas chère de sa croissance...

    Chabaroom

    • > La communisation... point d’orgue, Calvaire, 21 avril 2005

      "Pour enlever toute ambiguïté disons tout de suite que critiquer la Théorie du prolétariat ne revient pas à enfourcher les allégations sur la disparition de la classe prolétaire et abandonner la théorie de la lutte de classes, bien au contraire."

      Ceci est un argument d’autorité qui se pose à partir de votre position théorique, de celle de La Matérielle, qui peut très bien par ailleurs être mis en question. La théorie, si elle veut basée sur l’argumentation et l’exploration, ne peut accepter de simples jugements de valeur et d’autorité.

      Où se cache le prolétariat comme sujet révolutionnaire ?

      Nous pourrions entamer un jeu qui consisterait à retrouver le fameux prolétariat comme sujet révolutionnaire. Où se cache-t-il ? Où en est-il ? Qui est-il ? Existe-il encore socialement, mondialement... une classe unitaire qui se constitue universellement comme la force révolutionnaire par excellence pour et dans son affirmation ou encore son abolition ? Quels faits et événements permettent d’entrevoir cettte classe comme sujet révolutionnaire général ?


      • > La communisation... point d’orgue, C.C. 22 avril 2005, 22 avril 2005

        Juste une précision, pour enlever toute ambiguïté (bis).

        Il ne s’agit pas d’un argument d’autorité mais d’un principe, ou d’un présupposé, comme tu veux. Cela ne me paraît en rien contradictoire avec ma démarche « d’exploration des voies de l’exploration ». C’est simplement une question de cadre théorique de travail ou de problématique – ce qui est donc forcément sujet à la critique. Explorer théoriquement un « sujet » n’implique pas qu’on laisse toutes les portes ouvertes car cela signifierait qu’il n’y a plus rien à explorer… En gros on n’explore pas n’importe quoi à partir de nulle part et on n’argumente pas sur tout et le reste à partir de rien.

        Je te précise donc simplement ici que si je dis que critiquer la Théorie du prolétariat n’implique pas la disparition de la classe prolétaire et l’abandon de la théorie de la lutte de classe, cela n’implique pas le fait que je soi à la recherche du « prolétariat comme sujet révolutionnaire », ce qui est précisément le fait (pas celui de sa recherche mais de sa découverte) de la Théorie du prolétariat que je critique. Ce n’est donc pas à moi qu’il faut poser la question de cette « existence ». Si je parle de « classe prolétaire » et non de « prolétariat » ce n’est pas une clause de style, c’est justement pour me démarquer de la dite Théorie qui fait de la classe prolétaire un Prolétariat (substance) sujet de la révolution et, pour certains, un référent universel de la révolution communiste, dans son dénuement subjectif, son autonomie, etc. Pour le reste, comme dit l’autre, « il va falloir attendre ».