Pour tuer l’argent, brûlons tous les diplômes !

jeudi, 15 juin 2006

Tract dénonçant clairement dès le début du mois de mars 2006, le tour corporatiste du mouvement antiCPE et son prétendu caractère "égalitarien", solidaire de toutes les classes.

Le soulèvement de novembre 2005 a été un soulèvement contre l’exploitation et l’humiliation subies par plusieurs générations de prolétaires. La critique en acte des inégalités sociales a été menée par les fractions les plus fragilisées de la société de classes contre le désir de cette société de se perpétuer dans le mensonge de l’égalitarisme républicain.

Dorénavant, le CPE consacre officiellement la dévalorisation marchande des études et des diplômes et remet en cause les vieilles bases de l’inégalité et de l’exploitation sociales pour les radicaliser.

Aujourd’hui, défendre la valeur des diplômes, c’est défendre la logique d’un contrat social et d’une société qui nous a menés tout droit au CPE. Il n’y aura pas de retour à des formes antérieures et masquées de l’exploitation, l’exploitation marchande doit se poursuivre dans des formes collectives toujours plus visibles.

Ici et là, une certaine candeur veut encore croire à l’avenir possible d’une société humaine reposant sur l’élimination systématique des pauvres. Mais aucun gouvernement de droite ou de gauche, ni aucun projet de réforme sociale de l’économie, n’ont pu et ne pourront mettre fin à la violence physique des inégalités réelles subies chaque jour par des millions d’individus isolés.

S’attacher à défendre un système basé sur la sélection sociale au nom de règles soi-disant équitables et scientifiques, c’est accepter un monde divisé en perdants et en gagnants.

La seule arithmétique qui opère en ce monde, c’est la régulation de tout échange humain sous le règne de l’argent. L’argent dirige toutes les possibilités, toute élaboration de l’existence. Aucun marchandage des diplômes ne nous préservera du nivellement généralisé de la vie à son équation marchande. Contre cela, la seule égalité qui vaille c’est le refus organisé des institutions de reproduction du patrimoine et de la propriété privée dont l’Université est un des maillons. La mixité sociale entre les classes au détriment des pauvres n’est que la continuation de l’égalitarisme républicain sous d’autres formes.

Vouloir un autre monde possible avec la conservation des chances d’accéder à un statut économique confortable condamne le plus grand nombre d’entre nous à la misère capitaliste.

Car, dans la société marchande, il n’y a pas de satisfaction économique sans sacrifices humains. Un mouvement qui se limiterait au seul retrait d’un projet de sélection sociale radicalisé comme le CPE serait le maintien du mythe de l’humanisme marchand.

Le mouvement contre la sélection sociale doit maintenant partir de toutes les sphères de la société s’il ne veut pas mourir. Chômeurs, travailleurs, pauvres, immigrés, non-diplômés, étudiants ont un seul et même ennemi à abattre : la démocratie des exploiteurs marchands.

Des esclaves non-diplômés solidaires des esclaves diplômés.

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Craftwork
Jun 15 2017 16:48

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Meeting - Revue Internationale pour la Communisation (2003–2008)

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